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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 09:04
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 Ce film avait été annoncé comme un remake, et pour cause : il est quasiment éponyme avec Bad Lieutenant, un des films indépendants les plus marquants des années 90. Le vieux routard allemand Werner Herzog n’a pas été suffisamment fou pour s’attaquer frontalement au chef d’œuvre, il en a plutôt fait une variation autour d’un personnage principal assez ressemblant, c’est tout. On retrouve donc un lieutenant de police assez borderline, addictif à ses médicaments et à la coke, avec des dettes de jeu à n’en plus finir et un curieux besoin de résoudre un crime odieux alors qu’il semble habituellement complètement détaché de tout ce qui ne le concerne pas directement.

Pas de remake, donc, mais un polar aussi poisseux que la ville qui lui sert de cadre : la Nouvelle Orleans post-Katrina se révèle être un personnage à part entière, et ses quartiers ravagés sont un parfait décor pour faire évoluer une histoire qui alterne entre le sordide et le surréalisme. Car pour le reste, le scénario suit un fil assez classique, parfois même facile : un flic au bout du rouleau, un meurtre sauvage, des témoins apeurés et un dealer tout puissant dont la culpabilité ne fait pas doute. Au vu de la feinte d’école utilisée par le détective pou résoudre l’affaire, on aurait presque pu suspecter la récupération d’un pitch des Experts… si il n’y avait ce personnage principal lessivé et cette ville fantôme comme décor. Pour autant, l’ensemble est plutôt agréable à regarder, à défaut d’être palpitant à suivre.

D’abord grâce aux quelques scènes décalées, qui font sortir totalement le film de ses rails par intermittence. Elles parsèment le récit, entre hallucinations animales, règlement de compte brutaux, prise de narcotiques et menace de mort appuyées à une innocente vieille dame… et quand une interpellation sur un parking se transforme de manière totalement inattendue en une scène violente, vicieuse et dérangeante, on en est presque revenu au niveau de l’ancien Bad Lieutenant et de la folie des vieux films de Werner Herzog. Cette folie ambiante est aussi un bon vecteur, mais elle n’est pas toujours assez mise en avant, comme si Herzog, gêné par son film de commande, avait mis le pied sur le frein, ne le relâchant que dans de trop rares moments. Et puis il y a Nicolas Cage, absolument incroyable, alternant entre le folie douce, le calme, et la démence aigue. Il rappelle à tout le monde qu’il pourrait être des plus grands acteurs du monde si seulement il n’acceptait pas les douze navets qu’on lui propose de tourner entre deux bons films.

Le premier polar américain post-Katrina est donc un peu barré, correctement pourri de l’intérieur , mais au final un peu trop optimiste et parfois trop sage pour boxer dans la même catégorie que son illustre modèle, ou pour laisser plus de traces  que celle d’un bon moment de cinéma…ce qui, au vu des performances récentes de Werner Herzog et de Nicolas Cage, est déjà en soi une bonne surprise. 

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Published by DH84
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