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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 06:45

 

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INITIALEMENT POSTE SUR LEPLUS

 

Il fallait que ça lui arrive. Un tel phénomène ne pouvait pas rester encore longtemps inexploité par le cinéma. Le pauvre Claude François a beau reposer en paix depuis plus de trente ans, son succès a continué à exister après sa disparition, et quelqu’un devait s’en emparer pour creuser le filon sur grand écran. Vu l’impact et le célébrité du sujet, le projet a mis un certain temps à se me mettre en place, et nous arrive aujourd’hui porté par un réalisateur inattendu, plus connu pour ses films d’action, et que l’on attendait pas vraiment derrière la caméra pour le biopic d’un des phénomènes de la chanson populaire les plus marquants du siècle.

 

Et pourtant, l’intérêt du film est évident tant Claude François était un personnage à la fois passionnant et controversé. Au-delà de l’artiste à succès, on sait déjà à quel point le chanteur était mégalomane, obsédé, difficile, secret, incontrôlable. C’est le grand mérite de Cloclo : ne faire aucun cadeau et aucune concession à l’idole. Loin des biopics indulgents (oui, oui, La dame de fer par exemple), le film de Florent Emilio Siri se mesure au phénomène en appuyant en permanence là où ça fait mal, du petit jeune déjà dévoré d’ambition jusqu’au businessman complètement obsédé par le contrôle, qui fait le vide autour de lui à grande vitesse. C’est un Jérémie Renier très ressemblant et plutôt convaincant qui lui prête sa fraicheur, son énergie, mais aussi sa dureté et sa violence, du début jusqu’à la fin de sa vie.

 

A l’image de son modèle, Cloclo ne s’arrête jamais, enchaîne séquence sur séquence, pour ne rater aucune miette et aucun pan de l’existence bien replie de Claude François. Le film y trouve nécessairement une forme d’efficacité malgré ses deux heures et demi, à travers un rythme soutenu et la sensation qu’on ne s’arrête jamais bien longtemps au même endroit. Mais ce qu’il gagne en vitesse, il le perd en profondeur et en qualité artistique. A force de refuser de faire durer les séquences plus de trente secondes, le réalisateur oublie un peu de faire du cinéma, et se rapproche davantage du séduisant livre d’image que du film puissant et dérangeant qu’il aurait pu être. Il y avait pourtant matière à prendre son temps, à s’arrêter pour observer plus en détail, que ce soit dans la façon cruelle qu’a eu l’artiste de cacher son enfant, où ses rapports avec ses collègues qui se réduisent le plus souvent à des bordées d’insultes et d’humiliations. Probablement tétanisé par la peur de livrer un biopic ennuyeux, Siri refuse de donner de l’ampleur à sa mise en scène, et le temps que l’on se mette à apprécier une scène, il est déjà passé à la suivante. Et quand il passe en boucle les chansons les plus connues, c’est pour invariablement faire passer en fond des images furtives de la vie de l’idole qu’il mêle avec des plans rapprochés du chanteur en studio, pour ancrer la solitude du personnage. La première fois, c’est séduisant, la douzième, c’est un manque d’ambition. Il va de soi que les allergiques à la musique de Claude François ne doivent pas se risquer dans la salle, puisqu’on a le droit comme prévu à une rétrospective complète qui inclut trois versions de Comme d’habitude.

 

Si le film est globalement assez plaisant, et évite certaines des ornières les plus habituelles des biopics (la lenteur, la complaisance), c’est dans les quelques scènes de vrai cinéma que l’on prend conscience du potentiel réel du personnage. Quand Sinatra chante sur sa musique et qu’il s’avance au ralenti vers la scène sous les regards remplis d’admiration. Ou quand Siri filme la scène de la douche comme un drame lent et implacable.  Mais le réalisateur choisit définitivement son camp en terminant son film sur une séquence hautement convenue intercalant d’images d’archives et souvenirs d’enfances très éclairés et noyés de musique. Le (bon) biopic du dimanche soir sur TF1 est prêt. Et chose rare, il donne envie qu’un autre film soit réalisé sur ce personnage. Aussi cruel, mais moins pointilleux, moins sous contrôle, et plus profond. 



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Published by DH84
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Mielle Eric 19/03/2012 08:49

Ce que tu dis n'est peut être pas faux, je n'ai pas dis que ce film est un chef d'œuvre mais toute fois celui ci est une réussite l'idée de Siri est d'arrivée à faire une biopic française non
ennuyeuse,et de ce coté la c'est lui qui à le mieux réussit.J'ai vu la Môme le film est très harassant,sauf l'actrice qui à fait une performance d'Édith Piaf assez réussit.Pour moi Cloclo sera le
film français de l'année à moins qu'un autre se cache derrière lui?

Mielle Eric 19/03/2012 08:27

J'ai lu ta critique,je ne suis pas d'accord avec toi sur la réalisation et des plans séquences,le réalisateur à fait une biopic magistrale et bien fait tel que le chanteur dans la ville était,c'est
à dire comme si ont mettait un 33 tour avec des chansons de 2mn 30 ainsi le film durant 2h28 est comme un tourne disque,et ça c'est une idée originale et très réussit.

DH84 19/03/2012 08:30



Il y a quelques plans séquences pas désagréables au milieu du film, c'est vrai, mais pour moi, ça reste assez loin de ce qui aurait pu être fait sur le sujet. 


C'est bien pour un biopic, cc'est plutôt recommandable mais ce n'est pas pour moi un grand film. 


Un bon contre exemple : Boogie Night de Paul Thomas Anderson