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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:16

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ARTICLE PUBLIE SUR LEPLUS

 

 

Tim Burton fut un grand réalisateur. Le genre de metteur en scène rare, capable de transcender le plus académique des blockbusters pour en faire une œuvre personnelle, forte et sombre. Le genre de metteur en scène  trimballer de films en films un univers, une vision artistique et un talent reconnu par ses pairs qui l'ont mené jusqu'à la présidence du jury du Festival de Cannes et une rétrospective à la cinémathèque.

Mais c'était il y a quelques temps déjà. Amorcé avec la triste planète des Singes et Big Fish, le virage de l'auteur vers une forme de conformité s'était confirmé récemment. Il était patent dans le formaté Alice aux Pays des Merveilles qui avait connu un succès monstre, mais avait laissé sur le carreau un certain nombre de ses fans... que ce Dark Shadows risque ne pas forcément consoler.

 

Pourtant, tout y est. Une légende noire où une sorcière jalouse transforme son amant en vampire avant de l'enfermer dans un cercueil pour plusieurs siècles. Réveillé par un chantier, il retourne dans son manoir avec la ferme ambition de restaurer le lustre familial, mis à mal par une malédiction. Parti sur ce principe, la comédie aurait pu être le principal moteur de l'intrigue, en lâchant un anachronique Johnny Depp dans les années 70 pour recréer une usine de poissons. En le flanquant d'une nouvelle famille assez barrée, et en jouant sur la carte fantastique, il y avait de quoi faire.

 

Mais si l'acteur fait le numéro attendu, il se débat dans un scénario finalement assez plat, qui ne parvient jamais à tirer correctement parti de tous ses personnages secondaires car il reste accroché à son conte funèbre, plutôt que de s'intéresser à cette famille de déglingués. Les scènes défilent alors sous nos yeux, parées de tunnels de dialogues assez moyens, avec la facture visuelle attendue, mais sans inventivité particulière ni parti pris prononcé. Ni comédie déjantée, ni film noir, ni claque visuelle, Dark Shadows devient alors un gros film américain massif, bavard, drôle par moments, mais absolument jamais surprenant.

 

Et pire, Tim Burton rate l'alliance de la comédie et du film d'horreur. Les quelques scènes d'épouvante tombent comme un cheveu sur une soupe bien sanglante, mais qui laisse bien indifférent. On s'amuse des quelques gags historiques et de la répartie cinglante de Johnny Depp, qui a suffisamment de métier pour faire passer un second degré malicieux. Mais l'alliage ne prend jamais, et l'on est réduit à voir notre vampire se balancer de la vaisselle à la figure  avec Eva Green pendant tout le film, jusqu'à une fin en épingle à cheveu où Tim Burton retourne chez lui, dans l'univers des contes ténébreux... Mais il est bien tard, et cela fait longtemps qu'on ne prête plus guère attention à cette envahissante histoire d'amour et de fantômes, qui aura pollué tout le film.

 

Tim Burton semble être devenu une sorte de nabab qui n'a plus l'ambition de se renouveler. Le genre de nabab à faire jouer sa femme dans tous ses films, même si son rôle n'a aucun intérêt. Le genre de nabab à faire venir Christopher Lee pour une après-midi, comme un running gag. On lui laissera encore le bénéfice du doute, mais plus très longtemps... Wake up, Tim ! 

 

 


 

 


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Published by DH84
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