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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 08:13

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"Il faut savoir arrêter une franchise" aurait pu dire Maurice Thorez  la 20th Century Fox.

Après une première trilogie de haute volée, marquée par deux épisodes monumentaux emballés par un John McTiernan au sommet de son art, après une gentille resucée mise en image par le très peu doué Len Wiseman (qui a fait pire depuis), tout était réuni pour laisser l'inspecteur John McLane profiter d'une retraite bien méritée.

Mais voilà, dans un monde où la photocopieuse continue de tourner à plein régime et dans lequel Bruce Willis court toujours après sa gloire passée, la mise en chantier d'une suite semblait inévitable. Ce qui l'était davantage, c'était de confier la destinée de cette franchise mythique au peu inspiré John Moore (réalisateur de "Max Payne", vous vous rappelez ? Moi non plus) et d'exiler John McLane en Russie (mauvaise pioche déjà dans "The darkest Hour") pour aller récupérer un fiston dont personne n'avait jamais entendu parler. Deux très mauvaises idées de départ, qui condamnaient d'avance ce cinquième épisode à se hisser au mieux dans la catégorie des films bourrins sympathiques.

La déception n'est donc pas grande, mais le niveau abyssal de nullité atteint par ce Die hard 5 a quand même de quoi laisser circonspect le moins exigeant des spectateurs.

 

Oublions donc la mythologie McLane, rappelée de temps à autres par des clins d'œil aussi grossiers qu'inutiles.(la chute du méchant au ralenti, évidemment..). Oublions aussi la virtuosité de John McTiernan avant sa descente aux enfers. Oublions ces méchants guignolesques, tout en finesse et en classe, pour se concentrer sur ce qu'il en reste, c'est à dire pas grand chose.

Il reste du bruit... beaucoup de bruit. Entre la partition très envahissante, les coups de feux et la tôle froissée, le film n'est qu'une succession de fracas mal filmés, de scènes d'actions parachutées qui ne sont là que pour permettre aux protagonistes de se servir de leur artillerie lourde. John McLane était le héros qui combattait une armée avec trois fois rien, il se retrouve ici en possession du nec plus ultra de l'armurerie de combat urbain, à se demander si Bruce Willis n'a pas quitté le plateau des Expendables avec un semi-remorques bien rempli.

 

Mais il faut bien meubler, car le scénario est d'une minceur qui pose rapidement problème. Quelques russes mafieux et une évasion improbable plus tard, voici donc McLane père et fils en train de déambuler dans Moscou avec toute une armada de mercenaires aux trousses. L'occasion de démolir absolument tout sur leur passage, la démolition massive semblant être le seul crédo d'un film dont la moitié du budget doit être consacré au crash de véhicules en tous genres (voitures, pick-ups, camions, hélicoptères, motos, faites votre choix). On casse tout, on flingue à l'aveugle, et on se laisse quelques minutes pour une blague sur les vacances gâchées de Bruce Willis accompagnée d'un sermon au fiston ingrat. Juste le temps qu'il faut à la prochaine escouade de serial killers surentraînés pour gentiment se précipiter dans le pièce et se faire dessouder moins d'une demi seconde après leur arrivée dans le cadre. Aucun danger, aucun suspens, bienvenue dans ce qu'Hollywood peut offrir de plus médiocre en terme de lisibilité, d'action, de dialogues et de personnages.

Au passage, John Moore, dont on attendait pas grand chose, réussit quand même la performance notable de nous donner le mal de mer pendant une interminable poursuite dans la capitale russe à force de cadrages foireux où il tente bêtement de ressembler à Greengrass. Mais le pire reste à venir...

 

Car au moment où l'on pensait avoir touché le fond, le scénario nous emmène manu militari à ... Tchernobyl.  Le temps pour Bruce Willis de placer sa blague ("Grenoble ?" " Non, Tchernobyl !", méprise compréhensible quand on connaît l'architecture stalinienne de la préfecture iséroise...), et nous voilà reparti pour des échanges de coups de feu et des poursuites dans queue ni tête, dans des décors entre James Bond et Mission impossible, à peine agrémentés par le SEUL petit retournement de situation du film rapidement noyé sous les murs qui s'effondrent et les corps des affreux en charpie. Une conclusion totalement illisible, dénuée d'enjeux, et filmée une fois de plus avec les pieds. Pour ne pas nous laisser partir avec une image aussi pathétique, on sait gré aux producteurs d'avoir exigé une scène de retrouvailles finale qui termine d'enfoncer les derniers clous dans le cercueil d'une franchise qui ne méritait pas un enterrement pareil.

 

Le lancement d'un 6ème épisode a d'ailleurs été confirmé, et seul un peu probable naufrage au box-office pourra désormais arrêter le train en marche. Ne perdez pas votre temps, il reste suffisamment des grands films américains en salle pour vous éviter ce triste spectacle. Et Bruce, par pitié, retourne faire des petits films ambitieux et gonflés, ou ne quitte plus les plateaux de Wes Anderson. Mais par pitié, laisse John McLane vieillir tranquille...

 

 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

DH84 13/01/2014 07:58

Aigri : Qui est plein d'amertume, de ressentiment.

Oui, là, sur ce coup là, on est 100% d'accord, c'est tout à fait l'idée.

Olivier 12/01/2014 19:37

Bien sur que l inspecteur avait un fils seul les incultes et les aigris dans ton genre ne le savent pas.