Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 15:12

 

1. Nous York


 2. Piégée


 3. Le pacte

 

 4. American Pie 4


 5. Le capital


 6. Total recall


7. Battleship


8. La dame de fer


9. Ce qui vous attend si vous attendez un enfant


10. The darkest hour

 

 

Une bien belle année.

Si 2012 restera indéniablement un cru discutable sur le plan de la qualité de la production cinématographique, l'année qui s'achève a su nous offrir son lot de films ratés, dans tous les genres possibles. A l'heure des cartes illimitées et des semaines à plus de dix sorties simultanées, l'époque est douce pour ceux qui traquent la médiocrité, le manque d'inventivité et les acteurs à côté de leurs pompes, comme le faisait brillamment remarquer John Travolta en ouverture d'Opération Espadon. 

 

 


Heureusement (car il y a encore une justice), la plupart des films cités ici n'ont connus qu'un succès modéré au box-office, voire une belle dégringolade. Le bouche à oreille a encore de beaux jours devant lui, et cela malgré la technique désormais rodée du tapis de bombes médiatique, qui consiste à pousser tout le monde dans les salles dès la première semaine avant que le public revienne à la raison.


Petite revue de ce qui s'est fait de pire dans les salles obscures les douze derniers mois.

 

 

total-recall-2012-critique-remake-memoire-15755.jpg

Les blockbusters

 

On retrouve ainsi les "usual suspects" de ce type d'exercice, avec en premier lieu, les blockbusters rances. La capacité inégalée de l'industrie hollywoodienne à produire de la bouse au kilomètre dans des centaines de salles a été mise à rude épreuve cette année, mais l'on retrouve encore trois représentants dans le top 10, provenant de familles un peu différentes.


"Totall Recall" est un remake, ce qui n'est déjà pas un titre de gloire, mais il a été confié à un des pires réalisateurs en exercice. Avec un gros budget à la clé, c'est confier un beau joujou très cher à un gamin de 5 ans : il va faire n'importe quoi. Dont acte, après une première demi-heure honnête, le film s'enfonce dans les abimes du ridicule avec un entrain qui fait peine à voir, et des acteurs aux fraises, recyclant le pire de ce qui a pu se faire en SF ces dernières années.


"Battleship" n'est pas complètement un remake, c'est plutôt une tentative d'hommage. Le très peu doué Peter Berg tente de mettre ses pas dans ceux de Michael Bay (qui est un génie,  faut-il le rappeler), mais sans jamais approcher une seconde la maitrise et le second degré de son aîné. D'où une grosse meringue navale patapouf, vaguement patriotique et totalement hors sujet (parlez en Hong-Kong détruite à l'écran et qui n'avait rien demandé),  sorte de musée du cliché du film extraterrestre. Quand on dit que la présence de Rihanna est ce qu'il y a de moins raté, on a tout dit.


Des gros budgets dans les mains de faiseurs inconscients, et c'est la catastrophe. Classique. Mais de nouveaux acteurs tentent de pénétrer le marché avec des produits low-cost à eu près aussi indigestes.

C'est le cas du russe Timur Bekmanbetov qui, en plus de réaliser Abaham Lincoln chasseur de vampires (tout un programme, je n'ai pas vu, mais Vincent Malausa a adoré..) a produit l'épouvantable Darkest Hour (à Moscou) pour moins cher que ses petits copains, pour un résultat tout aussi infâme. Plus besoin de disposer de gros budgets pour produire des films d'invasion extra-terrestres honteux. Et plus besoin de les réaliser aux Etats-Unis. On va regretter que la fin du monde n'ait pas eu lieu le 21 décembre finalement.

 

Dans la grande famille des blockbusters en carton, on oubliera pas non plus le très mou Men in Black 3 et le gentil mais franchement limité Astérix et Obélix, prequel au plus intéressant feuilleton qu'est Obélix chez les belges.

 

 

american-pie-4-photo-copie-1.jpg

Les comédies

 

Deuxième grande catégorie de fournisseurs : les comédies qui ne font rire personne. Qui sont souvent encore plus éprouvantes car, il n'y a ni magie, ni extra-terrestres, ni porte avions pour se consoler. Année plutôt équilibrée sur ce front, avec deux américains dans le top 10, et un français sur la plus haute marche du podium.


"American Pie 4" est un cas classique de film inutile produit pour surfer sur une franchise datant de la préhistoire, et relancer la carrière d'acteurs à la dérive, toutes ayant été frappés d'une malédiction. Et que la vue de cette comédie régressive pour trentenaires attardés va finir d'enterrer dans les profondeurs de l'oubli.


"Ce qui vous attend si vous attendez un enfant" est un film choral packagé comme on en voit passer souvent sur des sujets essentiels et originaux (l'amour, Noël, le nouvel an, et ici l'arrivée d'un enfant). Ils sont rarement très bons, mais rarement aussi mauvais que celui-là, qui pourrait servir de campagne de publicité pour l'abstinence.  Rien que le souvenir de Jennifer Madonna Lopez en plein babay shopping chez les Masaï suffit à donner des hauts le cœur.


Mais le sommet de l'année a été -cocorico- atteint par une production française, même si c'est avec la complicité de décors américains."Nous York", un étonnant ratage, que personne n'avait vu venir (quoique, après la bande annonce...), et qui prouve une fois de plus que l'on ne peut pas laisser les clés du camion à une équipe de réalisateurs qui n'a qu'un (bon) film à son actif. Dans une tentative de suite délocalisée à New York, toute l'équipe est partie au feu sans scénario, sans dialogues, et surtout sans le recul indispensable pour se rendre compte que rien ne marchait. Résultat des courses : des critiques incendiaires, un box-office bien palot, une expérience assez éprouvante pour tous ceux qui s'y sont risqués... On en serait presque triste parce que l'équipe est tout sauf détestable, mais le pire film de l'année  pour moi, c'est bien "Nous York".

 

La France s'est également distinguée avec d'autres grosses comédies pass très drôles et pleines de bons sentiments, comme Les seigneurs ou encore Radiostars. Une certaine idée du divertissement, mal foutu, mal écrit, cabotin, qui joue tout sur sa campagne de promo.

 

 

iron-lady-movie-image-meryl-streep-02-top.jpg

Les films sérieux

 

Passés ces deux principaux fournisseurs, on remarque l'arrivée en force de films "sérieux", historiques ou engagés. Loin des produits hyper marketés ou mal montés dont nous avons parlé plus haut, ces films portent une ambition formelle ou narrative, mais ça ne suffit pas, la preuve en images.


On savait que la crise ne réussissait décidemment pas au cinéma français (voir l'horrible Ma part du gâteau) mais rien ne nous avait préparé au spectacle de Gad Elmaleh dans "Le Capital", déambulant l'air hagard sur un yacht en Floride, tout en licenciant à tour bras sur son I-Phone. Et si on pensait avoir tout vu en terme de biopic, on avait pas encore assisté au concept du biopic vide, qui évite tous les sujets importants, performance réussie par "la Dame de Fer", qui donne envie d'ouvrir en urgence un livre d'histoire pour se reconnecter sur la vie réelle.


Dans ces deux cas, c'est plutôt la naïveté qui est à blâmer. On ne se saisit pas de sujets aussi complexes avec autant de légèreté et autant d'amateurisme, même quand on s'appelle Costa-Gavras.

 

 

nicolas-cage-en-voiture.jpg

Les polars et films d'action

 

Egalement fort bien représentés en 2012, les polars, films d'actions, et autres séries B qui tendent vers le Z. On a beau avoir beaucoup d'indulgence pour le genre, deux sur le podium portés par deux éminents artistes hollywoodiens. Steven Soderbergh a touché le fond avec "Piégée" (mais s'est repris depuis), Nicolas Cage continue de creuser sa tombe artistique avec "Le pacte" pour pouvoir rembourser le fisc et ses payer ses divorces.


Pour Soderbergh, c'est quand même une sacrée performance de se rouler dans le ridicule avec un casting de ce niveau. Qui a au moins le mérite d'entretenir la légende urbaine sur le nouveau chat noir du cinéma, un certain Matthieu Kassovitz (son autre film de l'année était aussi une catastrophe, ça commence à faire beaucoup). Pour Nicolas Cage, c'est devenu la routine de se compromettre dans des polars mal foutus, mous du genou et désespérément prévisibles. Si il pouvait ne pas forcément tourner dans ceux qui affichent sans vergogne une idéologie dégueulasse, ce serait déjà ça.


Dans la catégorie des films d'action qui font un peu rire et beaucoup pleurer, on peut pointer le mièvre Target et la livraison annuelle de la Maison Besson, spécialiste du fast fodd en salles  Lock-out

 

C'est aussi l'occasion de saluer l'année hallucinante de Guy Pearce, ex très grand acteur, qui en plus du "Pacte", tourne pour une affreuse production Besson ("Lock-out") et se ridiculise dans un film dont la projection à Cannes reste un mystère ("Des hommes sans loi") . Grand Chelem !

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires

Fifien 06/01/2013 18:52

Là on est d'accord =D Manque "Ghost Rider 2" quand même - LA grosse bouse de l'année. Par contre j'ai toujours pas compris l'euphorie de certains pour American Pie 4, limite pire que les spin-offs
et même pas drôle Oo

DH84 07/01/2013 07:50



Pas vu Ghost Rider 2 ... c'est le problème avec ce genre de classement. Les bons films, on peut tenter de les voir tous, les mauvais, à moins d'être complètement maso, c'est plus compliqué