Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 08:36
EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif

Serge-Gainsbourg-vie-heroique-Video-Still-1.jpg

Pour se lancer dans le biopic d’un des artistes français les plus marquants du XXème siècle, il faut sûrement être un peu inconscient. D’autant plus que le biopic est par définition le genre qui se prête le mieux aux tristes meringues académiques et chiantes (remember Coco avant Chanel). Joann Sfar, auteur de BD reconnu, a cherché à contourner le piège à tout prix en clamant haut et fort que ce film ne sera pas comme tous les autres. D’ailleurs, l’affiche et la bande annonce ne nous convient pas à « un film de Joann Sfar » mais bien « Un conte de Joann Sfar » L’histoire se déroulera donc par chapitres, en se concentrant au moins autant sur les rencontres importantes et inspirantes faites par l’artiste que sur le personnage lui-même. De l’enfance jusqu’à Gainsbarre, on suit les débuts, la gloire, puis la déchéance.

Le film n’est pas académique, on doit lui reconnaître ça. En ne cherchant pas à être exhaustif, et en introduisant une ambiance de conte fantastique, il intrigue et surprend. Quelques excellents idées parsèment ainsi le récit. Ne pas avoir eu peur du défilé de guests en est une : loin d’être artificielle, l’invocation des illustres personnages ayant croisé le grand Serge se fond parfaitement dans l’histoire tant ils SONT son histoire. Joann Sfar a également eu le nez fin en confiant les rôles à des artistes pas toujours attendus, mais vraiment brillants. De Katherine en Boris Vian à Anna Mouglalis qui fait une magnifique Juliette Greco, les rencontres sont furtives, mais belles et intenses. Mais c’est quand même Laetitia Casta qui marque le plus en Brigitte Bardot, dans une imitation incroyable du modèle, avec cette scène d’effeuillage sur une chanson jouée au piano. A ce moment, le film est à la fois musical, un peu historique, sensuel et pleinement poétique. On en, oublierait presque qu’Eric Elmosnino porte le film sur ses épaules avec un charisme et un talent qui force le respect. Si l’acteur connaissait un succès relativement confidentiel, il y a fort à parier que cela ne durera pas.

Le ton de conte irréel fonctionne également plutôt bien en nous éloignant du biopic planplan et ennuyeux. Le réalisateur n’oublie pas qu’il vient de la BD et se permet quelques incursions fantastiques graphiques et colorés, la plus réussie d’entre elles étant ce personnage de double immense et grotesque, qui suit Serge partout comme une mauvaise conscience. Si le talent d’illustrateur, et manifestement celui de directeur d’acteurs est patent chez Sfar, il n’est pas (encore) un parfait réalisateur. Il manque un petit brin de folie à l’ensemble pour être une réussite totale. On aurait souhaité voir plus de transgressions et de délires graphiques pour appuyer un scénario qui, s’il semble fidèle à la légende, est parfois un peu trop coincé dans la contemplation d’un personnage et dans la description d’une vie qui a été riche en talent d’artiste, mais finalement pas si extraordinaire d’un point de vue de l’humain. Des femmes, de la drogue, de la déchéance, c’est après tout le lot de toutes les stars du rock n’roll. Sur ce point là au moins, Serge Gainsbourg n’a rien inventé. 

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires