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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 09:51

glee1.jpgLes networks américains trouvent de moins en moins facilement des séries à la fois populaires et originales, dont le succès et le buzz en première saison laisse pressentir plusieurs saisons avec une exposition maximale. Surtout dans un contexte où, au-delà des séries policières, il devient de plus en plus difficiles pour les formats 40  minutes de surnager, même pour les indestructibles House et Desperate housewives.

Glee est un des rares shows qui a déclenché l’enthousiasme l’an dernier. Lancé par la Fox, la série a très vite trouvé son public et continue à ratisser un large, tout en se payant des guests-stars de luxe qui se bousculent pour une apparition. Cette petite note peut vous donner envie de vous plonger dedans.

Attention néanmoins. Cette série se rapproche vraiment des plaisirs coupables évoqués ici. Il faut savoir avant de se lancer que Glee, c’est quand même l’histoire d’une chorale (Glee club) dans un lycée paumé de l’Ohio où le foot américain et les majorettes sont les deux seuls intérêts au départ. Et quand un prof d’espagnol se met en tête de relancer la chorale, il recrute une tribu d’improbables geeks...


 Le nouveau Nip-Tuck ?

glee-2.jpgRyan Murphy, un des créateurs de la série, s’est fait connaitre avant tout par Nip-Tuck, série chirugicale noire, trash et totalement barrée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la transition a l’air d’être violente avec le lycée et ses sympathiques petits étudiants d’Ohio. Pas tant que ça en fait…Comme Nip-Tuck Ryan Murphy ne cherche pas le cliché pour l'effleurer, mais pour se vautrer dedans. Tout ce qu’on a déjà vu dans la ribambelle de films et de séries sur les high schools américaines, on le revoit en mode exagéré, disproportionné, ridiculisé.

La prof de sport n’est pas inquiétante, elle est totalement dingue, limite paranoïaque et ferait passer le sergent instructeur de Full Metal Jacket pour un proche cousin de bambi. 

La pom-pom girl blonde n’est pas un peu idiote ou insignifiante, elle est totalement écervelée et ne montre à peine plus de jugeotte qu’une prise multiple

Le garçon mal dans sa peau ne se pose pas de questions sur sa sexualité. Il est gay. Totalement gay. Version grande folle efféminée qui vénère Lady gaga et qui enchaîne les tenues les plus improbables.

La wannabe-star n’est pas simplement gênante, elle est absolument folle, hyper irritante, totalement branchée sur la célébrité et déclenche la boite à baffes chaque fois qu'elle ouvre la bouche.

 

Et la musique dans tout ça ?

glee 4

Mais le centre reste quand même la musique. Là encore, Ryan Murphy a fait un pari, celui d’insérer 3 à 6 ou 7 numéros musicaux par épisodes, chantés par le casting qui revisite allègrement les tubes américains des 50 dernières années. Quand American Pie rencontre American Idol, tout le monde s’y retrouve en allumant la télé. Attendez vous cependant à vous faire ensevelir sous des tonnes de sucre et de caramel tellement la programmation donne la part belle à la pop américaine et aux ballades amoureuses des années 80. 

En même temps, les puristes ne seront pas loin de l’arrêt cardiaque quand cette joyeuse troupe s’attaque à John Lennon ou Aerosmith, mais bon, on fait pas d’omelette sans casser des vieux.

 

Alors pourquoi c’est tellement bon quand même ?

glee 3

Parce que le cliché et le sucre peuvent être succulent quand ils sont voulus et assumés, et pas victimes. Et que j’assume totalement le fait qu’on peut apprécier la pop facile et mielleuse balancée avec une chorégraphie nickel.

Parce que au-delà d’une histoire , ce sont les personnages qui font une série  et que ceux-ci sont particulièrement gratinés . C’est quand même plus marrant de passer la soirée avec une tribu de psychopathes, de névrosés, de dérangés, et de pom-pom girls que de regarder Grissom résoudre son énième crime avec un microscope électronique quand même.

Parce que pour tous ceux (y compris les mecs) qui se sont déjà pris pour Bon Jovi en hurlant « It’s my liiiiife » et qui ont eu très honte après savent de quoi je parle…

Parce que c’est drôle, vraiment drôle

Parce que sans trop faire d’analyse capilotractée, la série comporte aussi un sous titrage qui balance sur une jeunesse américaine un peu déboussolée, hautement matérialiste et qui rêve de célébrité depuis le fond de l’Ohio. Et que certains thèmes plus ou moins difficiles sont là et traités comme les autres au bulldozer. Et Ryan Murphy n’arrête jamais son tractopelle, même si il faut faire danser du Beyoncé à une équipe de foot américain ou rythmer un accouchement en catastrophe d’une lycéenne avec Bohemian Rapsodhy.

Alors c’est sucré, gluant, niais, mais au final, ça surpasse parfois en délire et en subversion la plupart des shows diffusés sur les grands channels. Et qu’on est tellement triste quand la saison s’arrête…


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Published by DH84
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