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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 09:58

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Michel-Piccoli-dans-Habemus-Papam_medium.jpg

 

Un cri déchirant qui passe à travers le balcon de Saint Pierre de Rome. Le nouveau pape a été élu, et au lieu de se présenter au balcon pour saluer la foule, il s’enfuit en criant dans les couloirs du palais. Les cardinaux sont en émoi, les ouialles attendent sur la Place qu’on leur présente leur nouveau souverain pontife, mais personne ne vient donner la bénédiction.


Nanni Morreti, l’homme de la gauche italienne, qui parle de l’Eglise et d’une de ses plus anciennes traditions qui plus est ? On pouvait s’attendre à un brulot, c’est une farce. On pouvait s’attendre à une charge violente, on assiste à une succession de petites moqueries. Le film est incroyablement assagi, mais pour le meilleur. Ce que Morreti semble perde en force et en puissance, il le gagne en finesse, en justesse et en dérision. Comme dans cette description du conclave où chaque cardinal se perd en prières pour ne pas être élu, et où sourires et applaudissements de ceux qui n’ont pas été choisis n’ont pas besoin (pour une fois) d’être forcés.

 

Mais si les premières minutes dédiées au conclave sont absolument brillantes, si ce cri et puis ce renoncement donnent lieu à des scènes épiques, ce n’est qu’à ce moment que le film commence véritablement. Livré à lui-même, le nouveau pape va entamer un voyage dans sa propre vie en se demandant pourquoi il ne parvient pas à assumer une telle charge. Livrés à eux-mêmes, les plus grands dignitaires de l’église catholique retrouvent leur condition d’hommes, leur petitesse et leur simplicité. Livré à lui-même, le psychanalyste athée appelé à la rescousse va tenter d’exister dans ce monde de fous. 


 

On ne peut pas trop en raconter pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur, mais Morreti s’évertue de manière diabolique à mettre l’institution divine face aux contradictions d’un homme. Mais il le fait avec un humour, une légèreté et une intelligence qui emportent tout sur leur passage. Il convoque la psychanalyse, la peur, la mauvaise foi, Tchekov, la foi et le destin pour acculer avec malice la Sainte mère l’Eglise dans des retranchements insoupçonnés. Car que serait l’Eglise sans pape ? Et puis surtout, rien de tout cela ne serait possible sans le Saint Père des acteurs. Michel Piccoli, tour à tour apeuré, malicieux, passionné, est au-delà des mots. Un immense acteur, pour un film détonnant, qui fait le grand écart entre la lourdeur écrasante de son sujet et le ton d'une finesse aérienne avec lequel il mène son affaire...

 

 

 


 

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Published by DH84
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