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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 07:24

ARTICLE INITALEMENT POSTE SUR LE PLUS


« Sequels suck ! » Dans Scream 2 , Wes Craven avait l’honnêteté de ne pas tourner autour du pot et de délivrer à l’écran le sentiment général : les suites ne semblent jamais être à la hauteur de l’original, et sont à fuir. Pourtant, si le phénomène a toujours existé, il subit ces dernières années un coup d’accélérateur à la fois notable et inquiétant, soulevant le paradoxe suivant : si les suites sont si nulles, pourquoi l’industrie les produit-elle à la chaîne, et pourquoi les spectateurs leur réservent-ils parfois un accueil triomphal en remplissant les coffres des majors américaines ? 

Si l’on regarde de plus près, sur l’année 2011, les 9 premiers du box office américain sont des suites. Entre 2000 et 2010, on en comptait 3 à 5 dans les dix premiers, preuve que le phénomène n’est pas nouveau mais qu’il s’amplifie. Ce n’est pas parti pour changer sur 2012, puisque la quasi-totalité des gros morceaux américains attendus sont des suites, Prometheus et Hunger Games faisant figures d’exception dans une promotion au milieu de Batman, Spiderman, Men In Black, The Avengers et consorts.

 

Une des explications de la crise que traverse actuellement Hollywood avec un box-office en berne et des compteurs qui chutent ? Pour moi, oui. Devant une telle avalanche, le spectateur peut avoir tendance à se désintéresser du cinéma grand spectacle.

Mais tout est-il à jeter dans le grand sac des suites et autres variations ? Non évidemment. Petite revue analytiques des différentes variantes.

 

Les suites (sequels)

 

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C’est l’objet le plus classique et le plus connu : un film fonctionne, on reprend l’histoire là où on l’avait laissé et l’on continue. Avantage certain en termes artistique et publicitaires: un public familier avec l’univers et les personnages. Deux principales sous-catégories de suites :

Les suites préparées : pour les films conçus dès le départ en plusieurs épisodes . Star Wars est un bon exemple, mais il s’agit surtout ici d’adaptation de sagas littéraires, dont on porte le premier opus à l’écran en gardant les autres en réserves. Les représentants les plus connus sont Harry Potter et Twilight, qui ont poussé le vice jusqu’à morceler le dernier livre en deux films pour mieux amortir leur investissement. Dans un genre plus prestigieux, Le Seigneur des Anneaux est un bon exemple de franchise dont la qualité a été constante sur els 3 épisodes. Globalement, ces films évitent l’effet photocopieuse, et peuvent donner lieu à de bonnes surprises, pour peu que l’équipe artistique en charge du projet soit à la hauteur. (à méditer pour les producteurs de Twilight….) Néanmoins, les deux suites de Matrix ont prouvé que prévoir dès le début la suite d’une histoire ne valide pas à tous les coups un ticket gagnant.

 

Les suites opportunistes : le film a fait un malheur, ce qui enclenche une suite même si la boucle scénaristique était bouclée. Le risque d’arnaque est évidemment ici maximal, comme peuvent en témoigner les pauvres spectateurs qui ont subi  Transformers 2, Very Bad trip 2  Iron Man 2, ou encore Pirates des Caraïbes 2,3 et 4. Des blockbusters dont le numéro 1 était franchement plaisant, et qui se sont totalement fourvoyés par la suite.

Mais là encore, impossible de mettre tout le monde dans le même sac puisqu’on peut trouver dans cette catégorie des réussites éclatantes comme la franchise Mission Impossible (dont l’épisode 4 est vraiment formidable), la franchise Alien (4 épisodes de très haute tenue, tous différents et passionnants) , et aussi la franchise Die Hard (avec un épisode 3 exceptionnel par exemple).

Bien sur, les épisodes fondateurs de ces séries sont déjà de très haut niveau, ce qui aide bien. Mais ces trois exemples montrent que la baisse de qualité n’est pas une fatalité, à la condition de mettre au manettes un réalisateur et un producteur passionnés, qui chercheront à relever un défi artistique plutôt que de faire dans la photocopie. Et les excellents résultats de MI4 sont là pour prouver que le tiroir caisse n’y perd pas.

 

 

 

Le cross-over

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Genre plus répandu dans les séries, plus complexe au cinéma puisqu’il consiste à faire une suite, mais impliquant plusieurs univers dans le même film. Cette année, on compte un illustre représentant poids lourd avec The Avengers qui fait office de suite à 4 films à la fois (Iron Man 2, Thor, Captain America et Hulk). Il a fallu beaucoup de patience au producteur Marvel pour implanter systématiquement en fin de chaque film  un petit épilogue qui ouvrira sur cet épisode, reprenant donc les aventures de ces héros là ou chaque spectateurs les avait laissées.

Le genre est rare car il implique à la fois de maitriser le contenu de plusieurs films à la fois, de parvenir à les faire converger et de réunir tout les castings en même temps. Un vrai business model. Seule une écurie comme Marvel semble avoir l’étoffe de réaliser ce genre d’exploit en ce moment. Un éventuel succès massif de ces Avengers pourra donner des idées au concurrents DC Comis, qui pourrait avoir envie de former sa Justice League (Batman, Superman, Wonder Woman et Green Lantern) à l’écran.

 

 

 

Le prequel

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C’est une suite à l’envers, le film se place dans le même univers, mais à un niveau d’événements antérieurs à l’original. Le plus connu est là encore Star Wars, dont les épisodes 1,2 et 3 ont été produits 20 ans après les épisodes 4, 5 et 6. L’exercice est compliqué, mais il donne plus de liberté scénaristique et artistique. Il peut réserver de bonnes surprises , comme le dernier X-Men. Peter Jackson est d’ailleurs plongé l’adaptation de Bilbo le Hobbit dont l’action se déroule juste avant celle du Seigneur des Anneaux.

C’est aussi une bonne manière de retrouver de l’enjeu dans une franchise lorsqu’on a épuisé les enjeux et les personnages. Cela permet aussi de changer tous les acteurs, bonne opération artistique et surtout économique pour les producteurs. L’exercice s’applique même pour les films d’auteurs puisque une partie de l’action de l’immense Parrain 2 se déroule préalablement au Parrain premier du nom.

 

 

 

Le spin-off

Il peut s’agit soit une suite, soit d’un prequel mais qui se consacre à un personnage unique. Le danger est alors maximal car ce type d’entreprise est plus souvent muée par des intentions purement mercantiles, et rarement artistiques. Un effet d’aubaine qui a accouché de catastrophes assez éclatantes comme Catwoman (dont Halle Berry ne s’est jamais remise), le Roi Scorpion (from La Momie) , ou encore Electra (issue de Daredevil). Plus ambitieux mais bien mal foutu, Wolverine n’était pas non plus une grande réussite, on espère que le numéro 2 (une sequel de spin-off, vous suivez ?) sera plus intéressant, ce qui était possible sur la papier puisqu’il devait être mis en scène par Darren Aronofsky…qui a fini par jeter l’éponge.

 

 

 

Le reboot

 

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Ce n’est pas à proprement parler une suite mais une relecture du même univers et des mêmes personnages par une autre équipe. C’est une alternative au prequel ou au spin-off lorsqu’on pense avoir utilisé tout le potentiel d’une franchise. Le principe est plus compliqué à vendre au public, qui peut se demander pourquoi aller voir deux fois le même film. Mais ce faux type de suites peut donner lieu à de grandes réussites, l’exemple récent le plus éclatant étant le reboot de la franchise Batman.

Merveilleusement inaugurée par Tim Burton puis violement enterrée par les mains expertes du fossoyeur Joël Schumacher (avec un épisode 4 qui est sûrement le plus mauvais film que j’ai jamais vu), le personnage a été relancé par Christopher Nolan qui a  repris l’histoire depuis le début (on « reboote »), mais avec une approche artistique différente. Fini l’ambiance fantastique et ténébreuse de Tim Burton, bienvenue dans le monde du polar urbain et tordu, réaliste et dur. Inutile de comparer les deux visions, mais le succès critique et public considérable de la franchise « new style » n’est plus à démontrer (Dernier épisode prévu cet été)

Pour les autres exemples, la nouvelle version de Superman de Bryan Singer n’a pas très bien marché, mais c’était presque une suite des quatre premiers épisodes, et le résultat était boiteux. Pas de quoi gêner la Warner qui a lancé un re-reboot avec Zack Snyder aux commandes. Autre gros client cet été : la nouvelle version de Spiderman, autre reboot après les trois épisodes proposés par l’équipe Sam Raimi/Tobey Maguire

 

 

 


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Published by DH84
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