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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:11

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 ARTICLE POSTE SUR LEPLUS

 

Depuis la (longue) fin d’Harry Potter et alors que le soleil se couche (enfin) sur la triste saga Twilight, chaque studio rêve de trouver sa propre franchise à succès typée jeunesse et adolescence. De préférence adaptée d’une série de bouquins à succès, ce qui fait faire des économies substantielles sur le marketing et la publicité. Après les sorciers et les vampires, alors que Narnia ne semble pas vouloir décoller et que John Carter a coulé corps et biens au box office, le principal concurrent dans cette catégorie pour 2012 s’appelle donc The Hunger Games. Une plongée dans un monde où les districts (les pauvres, donc) payent le prix de leur rébellion passée en devant envoyer chaque année à la capitale (les riches, donc) un tribut constitué d’un jeune homme et d’une jeune fille. Les 24 heureux gagnants devront s’entretuer face caméra pour la plus grande fierté de leur contrée d’origine, et pour la plus grande joie du peuple cathodique, qui, certains l’avaient déjà noté il y a plusieurs siècles, se nourrit de pain, mais aussi de jeux.

 

Le livre semble suffisamment riche pour réserver une belle adaptation, avec ses nombreux personnages, son monde parallèle et ce thème du spectacle de la violence filmée, déjà traité de nombreuses fois au cinéma dans des versions plus musclées (Rollerball ou Running man) ou plus cinglées (l’effrayant Battle Royale). Une question restait en suspens : l’équipe en charge du projet allait-elle livrer un film polissé, 100% adolescent et sans risque, ou tenter de hausser le niveau global vers une fable dérangeante, énergique et épique ? Force est de constater que c’est bien le marketing qui a eu le dernier mot sur le projet, mis entre les mains du réalisateur Gary Ross, peu connu pour ses transgressions et son énergie folle.

 

D’où un ensemble parfaitement mis en images, propre comme tout et qui tient efficacement son histoire, mais sans jamais oser regarder la violence et la monstruosité en face. Ces ados que l’on prépare à s’entretuer sont étonnamment calmes et résignés, à peine un peu déprimés la veille de la grande ballade . Et comme le réalisateur, ils semblent davantage intéressés par la fastueuse mise en scène et la galerie de costumes kitchs qui peuplent la capitale que par leur tragique sort à venir, même si on leur rappel à toute heure qu’ils mourront probablement dans d’atroces souffrances. De la même manière, quand on pénètre dans l’arène, c’est pour mieux filmer longuement des marches en forêt et des montées aux arbres, expédiant souvent trop rapidement les face à face entre les différents concurrents. Et quand, forcé par son sujet, Gary Ross doit nous montrer le spectacle abject de deux adolescents en train de s’étriper, sa caméra est prise de tels tremblements que l’on ne voit plus rien du tout, comme si la simple évocation de deux jeunes de 16 ans s’affrontant à l’arme blanche devait suffire. Résultat : le film passerait presque pour gentillet à côté du dernier épisode d’Harry Potter. C’est dire...Et ne cherchez pas trop longtemps non plus les dilemmes moraux non plus : il y a les gentils qui tuent sans le faire exprès et qui regrettent, et les brutes sanguinaires. Le chemin est balisé, c’est tout droit, merci.

 

A force de vouloir faire un film tout public,  les producteurs ont donc beaucoup gommé les aspects dérangeants et une grande partie du potentiel d’énergie épique dont semblait pourtant disposer ces Hunger Games. Jamais la mise en scène ne cherche à sortir de ses rails, et jamais le film ne profite pleinement de son environnement naturel. Aseptisé, assez plat et banal, le film se rattrape souvent avec son casting qui sait mettre en relief les situations et les enjeux, en particulier les quelques vieux routards convoqués pour l’occasion comme Lenny Kravitz et Woody Harrelson, deux personnages dont on sent bien qu’ils devaient avoir une vraie place dans le roman, mais qui n’ont pas le temps d’être suffisamment mis en valeur ici.  Des aspérités que l’on retrouve aussi dans les coulisses du spectacle où ces adultes jouent avec ses gosses comme des marionnettes. Mais ils ne font souvent que passer, pour que l’on puisse rapidement retrouver nous aussi l’arène et le spectacle, sans s’attarder.

Reste une troupe d’ados suffisamment crédibles pour que l’ensemble se laisse regarder, en particulier le couple Jennifer Lawrence-Josh Hutcherson assez touchants dans le rôle du binôme femme forte et amoureux transi. 

 

Les fanatiques du livre seront probablement conquis par cette sympathique mise en image. Certains (grands) adolescents trouveront peut-être leur compte entre les combats rapides, les amours naissants, les jeux, les pièges et les costumes brillants. Mais ceux qui cherchaient un blockbuster efficace pouvant poser la première pierre d’une franchise en seront le plus souvent pour leurs frais. Même si les dernières minutes, plus intéressantes, donneraient presque envie d’aller voir la suite. La magie d’Hollywood…


 

 


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Published by DH84
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commentaires

kicking 10/07/2014 15:03

Ouais, les deux premiers films sont gentillets, tout comme le sera le troisième à la fin de l'année...mais bon incomparable avec les écrits de Suzanne Collins...