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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 08:29

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Le cinéma québécois, même s’il reste parfois un peu confidentiel, a donné depuis des années des pépites inattendues qui ont su faire leur chemin jusqu’à nos écrans. Et contrairement à leur exportation massive de chanteuses ou d’humoristes régulièrement frelatés, on a souvent la bonne surprise de découvrir in cinéma original, engagé, drôle et percutant. Rappelez vous de C.R.A.Z.Y. ou des Invasions barbares. Mais Incendies a ceci d’original qu’il ne se passe pas grand-chose dans la belle province, qui sert de point de départ et d’arrivée à une histoire dont le centre de gravité se situe beaucoup plus loin.


Jeanne et Simon découvrent avec stupeur le testament de leur mère récemment décédée. Elle leur demande de partir à la recherche de leur père, et d’un frère dont ils ne connaissaient pas l’existence, pour leur remettre une lettre. Originaire du Proche-Orient, leur mère a apparemment séjourné dans une prison à une période de sa vie. C’est là que Jeanne décide de commencer ses recherches.


Le film sera donc constitué d’un mouvement de balancier régulier entre la recherche d’identité de Jeanne et le récit de la vie de la mère, déchirée par les guerres et les combats dans un Proche Orient ravagé. Même s’il n’est jamais cité directement, on croit reconnaître le Liban, ses terres baignées de soleil et sa myriade de communautés et de religions qui s’affrontent périodiquement. En reconstituant les morceaux de cette vie passée, Jeanne va peu à peu découvrir une vie dure, parfois cruelle, tout le temps violente, partagée entre des obligations familiales et des règlements de compte atroces entre chrétiens et musulmans. Et le spectateur avec elle s’embarque dans une quête d’identité pour retrouver ce frère perdu et ce mystérieux père.

Adapté d’une pièce, le film réussit à partager l’écran entre des dialogues très écrits, des décors extérieurs magnifiques et les irruptions de violence crue qui émaillent le récit.  Si, comme dans toute pièce de théâtre, beaucoup repose sur les échanges et les scènes de face à face, le réalisateur parvient à distiller une ambiance très prenante, qui nous projette directement dans ce pays qui ne semble jamais être apaisé, avec ces ruines, ces feux, ces échanges perpétuels de tirs, ces bombardements. Et le rendu est aussi clair, aussi intelligent que dans Lebanon, et sans aucune concession.


Malgré une première heure assez lente, le film devient au fil du temps surprenant, et même déstabilisant quand il aborde la question de l’identité, de la vie et de la mort. L’irruption dans le récit du frère qui poussera la quête d’identité jusqu’au bout amènera les deux protagonistes à se demander si il faut vraiment tout savoir de son passé et de celui de ses parents. Scène incroyable où un vieux concierge s’acharne à ne pas vouloir leur révéler la vérité, avant de se résoudre à tout dire, mais en les prévenant « certaines choses, il ne vaut mieux pas savoir ».

Certains de ces rebondissements pourront choquer ou même perdre des spectateurs. Mais là où le film n’a fait qu’aborder un cycle sans fin de haine et de vengeance, il ouvre au final avec une grande subtilité sur la compréhension, l’amour et le pardon. Moment poignant, déchirant, apaisant, ces dernières minutes sont un petit miracle à elles toutes seules, car il semblait impossible de boucler de manière aussi belle une boucle aussi chargée. C’est pourtant ce que le film parvient à faire...

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Published by DH84
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