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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 08:19

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 En ces périodes de crise et de fin du monde, d'exils (fiscaux ou non) et de naufrages, il y subsiste quelques valeurs sures pour rassurer le spectateur occidental. Et parmi elles, Sa Majesté Tom Cruise. Du haut de ses cinquante ans, l'acteur-producteur-cascadeur-people-scientologue ne semble jamais être rassasié, même après une décennie peu plus difficile pour lui.

Qu'il escalade des tours à Dubaï ou qu'il tente d'assassiner Hitler, la technique (éprouvée) de ce bon vieux Tom ne varie pas ces dernières années : trouver un bon pitch et bon réalisateur, capable de magnifier ses exploits athlétiques en numérique, dans des films à sa gloire.

 

Si le temps où l'acteur était capable de s'abandonner à de grands auteurs (Stone dans "Né un 4 juillet", Anderson dans "Magnolia", Kubrick dans "Eyes Wide Shut", ...) semble révolu, on doit reconnaître à Sa Majesté que la qualité constante de sa production plaide franchement en sa faveur. Même quand il s'embarque dans un petit film noir quelconque comme celui-ci.

 

Un petit film pour lequel on reste entre copains. A la production : Lui-Même et sa complice Paula Wagner. Pour tenir le stylo et la caméra : Christopher McQuarrie, scénariste de métier, compagnon de route de Cruise depuis quelques temps (il a écrit Walkyrie et MI4), dont le principal fait d'armes reste d'avoir écrit Usual Suspects il y a 15 ans (l'autre étant d'avoir écrit le remake du Tourist, mais tout le monde a le droit de faire des conneries). Et ce bon Christopher se fait un plaisir d'offrir à Tom Cruise un écrin où la star pourra briller, tout en se vengeant des affres de l'âge.

Il faut le voir tabasser des jeunes loubards, faire la leçon à une petite un peu frivole, se jouer des flics dans sa vieille Camaro et toucher des cibles à 500 mètres sans cligner de l'œil. On ne sait pas quel club de remise en forme il fréquente, mais on veut bien prendre sa carte.

 

Et le film dans tout ça ? Inégal, mais pas dénué d'intérêt. Particulièrement intéressant dans sa première heure, où il est brumeux, complexe, volontairement incomplet. Les personnages sortent de nulle part, le spectateur est un peu perdu, tout semble hautement imprévisible, on a pas la moindre idée de ce qui va se passer dans les 10 prochaines minutes. Du cinéma, quoi.

On croit à un intérêt morbide et déplacé pour glorifier les victimes ? Non, c'est une enquête de police qui ouvre les portes. On s'attend à une énième séance de drague dans un bar ? Non, c'est un traquenard pas très bien  huilé. On se met alors à espérer que McQuarrie va nous faire courir pendant deux heures comme avec Keyser Söze...

 

Mais business is business, et il faut bien démêler tous les fils en urgence pour permettre à chacun de faire son petit numéro. En quelques minutes, le scénario déboucle donc tous les enjeux sans trop d'efforts, pour faire de la place. Pour permettre à Tom de faire étalage de ses hautes qualités intellectuelles et surtout physiques (en s'acharnant particulièrement sur les jeunes...), à Rosamund Pike de montrer ses jambes, et aux quelques admirables vieux schnoks sortis du placard (Jenkins, Duvall et Werner Herzog) de venir cabotiner en toute tranquillité. Moins de mystère, moins de brume, plus de tape à l'œil et de numéros d'acteurs convenus, la deuxième partie est ainsi nettement moins convaincante.

 

Reste pour se consoler un rythme agréable et une mise en scène élégante, y compris dans un gunfight nocturne très inspiré, sous influence Michael Mann. De quoi emballer un film noir sympathique, au dessus de la moyenne, mais qui ne tient pas les promesses du grand casse tête espéré.  Et qui, au vu des résultats au box-office américain, n'a pas emballé grand monde.

Constat amer pour un acteur toujours capable de faire du bon cinéma, mais dont le manque de prises de risques depuis quelques années risque d'enfermer dans un placard doré. Des modèles ? Matthew McConaughey qui se met à moitié nu ou va s'encanailler chez Friedkin. Ou Brad Pitt, invité à Cannes parce qu'il tourne pour Malick ou dans des merveilleux petits films noirs pour une misère...

 

 

 

 

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Published by DH84
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DH84 07/01/2013 10:31

Le second degré est pas toujours hyper évident je trouve, on le cherche un peu des fois...On est quand même loin de Dujardin.

Chris 02/01/2013 15:26

J'en sors, j'ai resiste au plaisir de lire ta critique avant d'y aller, et je la partage, presque avec évidence.
J'insisterais juste un peu plus sur le cote humoristique qui fleure bon l'auto-derision, un peu dans l'esprit de ses productions récentes type MI4. Quelque part, c'est presque du Dujardin qui fait
du OSS, je ne sais pas si cet esprit était présent dans la BD mais c'est comme ca que Cruise l'a interprété.