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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 08:30

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kaboom

 

« dude it’s a vagina, not a bowl of spaghetti.

 

Imaginez un campus baigné par un soleil permanent. Imaginez une horde d’étudiants supersexys en proie à une poussée d’hormone incontrôlable. Imaginez un cauchemar rempli des pires obsessions américaines entre prédicateurs fous, sectes, théorie du complot et holocauste nucléaire. Imaginez tout cela et vous serez encore loin de la délicieuse friandise épicée qu’est Kaboom. Soit du bizarre, beaucoup d’humour, des corps nus, des dialogues cinglants, le tout enveloppé dans une atmosphère d’inquiétude et de perpétuelle fin du monde.


La forme du film peut néanmoins surprendre au premier abord. Vendu comme un Americain Pie trash, Kaboom est avant tout un film de Greg Araki, c'est-à-dire un film indépendant au petit budget et à la liberté artistique totale. Ce qui veut dire que le réalisateur use des effets de mise en scène (split screen en particulier), laisse les acteurs improviser et baigne son film dans une esthétique bizarre et un montage tour à tour frénétique ou ralenti, ce qui peut choquer le spectateur qui s’attendait à être davantage mis sur des rails.

Tout commence par une première demi-heure de description des us et coutumes dans les universités telles que les imagine Greg Araki. Du sexe, de la biture et évidemment peu de cours, soit « une parenthèse de 4 ans entre ton enfance et ta vie d’adulte ». Pas de contraintes, beaucoup de jouissance, avec des personnes qui sont (au choix) drôles et subtiles ou totalement abruties. Ce n’est pas une perte de conventions, c’est une explosion des conventions : le « you want to fuck ? » se situe le plus souvent une vingtaine de secondes après le début de la conversation, les gays couchent avec des filles, les mecs hétéros semblent avoir des envies d’hommes. La description trash et limite nihiliste de ce milieu est à la fois très drôle et parfaitement maitrisée , mais elle n’est au final qu’un prétexte. Car le film bascule rapidement dans l’étrange, et perd volontairement ses protagonistes et ses spectateurs dans les méandres de scènes dont on ne sait pas si elles sont réelles ou oniriques. Dans un environnement et avec des personnages aussi irréels, le réalisateur joue à merveille sur la limite entre rêve et réalité et ne se contente pas du joyeux bordel estudiantin que l’on pouvait attendre, mais le double avec une délirante histoire de secte, de sorcières et de tueurs aux masques d’animaux. Jusqu’à nous embarquer dans un thriller déjanté où la paranoïa aura pris définitivement le pas sur la joyeuse liberté sexuelle et affective des premières minutes du film.


En résumé et pour la filiation, on pourra dire que Kaboom est le joyeux petit frère sous acides de Donnie Darko, les deux étant des enfants illégitimes de David Lynch période Twin Peaks. Cinématographiquement parlant, on reconnaîtra qu’il y a des familles moins recommandables que celle là.

 

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Published by DH84
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