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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:08

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« Le meilleur film de Fréderic Beigbeder ». L’accroche publicitaire du tout premier long métrage de l’écrivain dandy rend hommage à son auteur.  Un zeste de second degré, beaucoup d’autoparodie, un peu d’esprit, et surtout le souhait de ne pas être pris au sérieux. C’est le principal argument marketing : on ne peut pas en vouloir à un écrivain qui réalise son premier film et qui reste éminemment sympathique : comment ne pas aimer quelqu’un qui se prend aussi peu au sérieux et qui semble se délecter de toutes les critiques qui pleuvent sur lui ? Dans un monde où les chevilles et les têtes souffrent régulièrement d’hypertrophie, c’est assez rare pour être souligné.

 

Alors après Fréderic le chroniqueur, Fréderic l’écrivain, on assiste donc avec émotion à la naissance de Fréderic le cinéaste. Et comme l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il va adapter un de ses propres bouquins. L’histoire (qui fleure bon l’autobiographie) d’un trentenaire chroniqueur-écrivain et de ses déboires sentimentaux. L’amour, c’est quand même très compliqué, surtout quand on divorce et que l’on s’intéresse à la femme de son cousin. C’est surtout un sujet en or pour un homme de lettres qui va nous faire partager face caméra ses questions existentielles en inventant à chaque fois des proverbes sensés croquer avec férocité notre pauvre vie matérialiste de célibataire urbain du XXIème siècle. Et dans tout ce cirque, on ne peut pas dire que les parents montrent l’exemple en matière de stabilité affective. 

 

On a donc affaire à un film d’écrivain qui essaie de mettre en scène. Il ne s’aide pas beaucoup en partant d’une histoire à la banalité assumée, mais néanmoins assez gênante. Aussi sympathique que soit Gaspard Proust, on a beaucoup de mal à s’intéresser à sa vie que l’on a déjà le sentiment d’avoir partagée plusieurs fois au moins dans une salle obscure. Beigbeder y adjoint des petits tics de réalisation, quelques situations amusantes, deux ou trois métaphores rigolotes sur l’amour (je recommande celle sur l’éolienne off-shore), pour livrer un ensemble qui respire la bonne humeur et qui n’a pas peur d’être direct voire carrément vulgaire parfois, mais plutôt à bon escient.

 

Mais à l’arrivée il ne reste plus grand-chose sinon les bons mots, que l’on aura déjà oublié en quittant la salle. En fait, il ne reste vraiment plus grand-chose derrière le film, sinon le souvenir désagréable d’un metteur en scène qui meuble une certaine vacuité narrative par des clins d’œil permanents incluant ses divers petits copains, et bien sûr, lui-même. C’est cette bande sur un écran plasma qui annonce le Prix Nobel pour Beigbeder (ah ah !), c’est Finkielkraut qui passe entretenir son image d’intellectuel branché (oh oh !) ou encore Ariane Massenet qui croise Louise Bourgoin dans les couloirs de Canal + (hi hi !).

 

Dans ce monde chic et un peu toc, seuls les personnages de comédie romantiques pourraient donner au film  une consistance. Et sans être désagréables, les acteurs et leurs personnages ne sont pas inoubliables, en particulier deux ex-débutants qui devraient se surveiller. Si Louise Bourgoin a décider de ne jouer que des rôles de grande fille sexy délurée trop marrante mais profonde quand même, il faut juste qu’elle sache qu’on se lassera avant elle. Et si Joeystarr pense qu’il va trouver la reconnaissance en se fourvoyant dans ce genre de contre-emploi honteux, il se trompe. Même les seconds rôles tenus par une partie de la tribu Canal + ne tiennent pas toutes leurs promesses…

 

Pour conclure, on aurait tendance à paraphraser Eric Neuhoff pour mieux ne pas être d’accord avec la campagne publicitaire. Ce n’est pas le meilleur film de Beigbeder…bien que ce soit son premier. 

 

 

 


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Published by DH84
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commentaires

The BB Blondes 28/01/2012 17:28

Allez, un peu de légèreté, que diable ! La critique d'une BB Blonde à lire ici : http://thebbblondes.blogspot.com/2012/01/lamour-dure-trois-ans-par-victoria.html
Ciao !

F 26/01/2012 01:20

Très Très juste !