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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 09:12

 

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L'Odyssée de Pi. Souvent très loin de celle d'"Ulysse". Peut-être plus proche de celle d'un "Robinson Crusoé". Sans se soucier de ces encombrants patronages, Ang Lee convoque plutôt une arche de Noé improvisée. Un jeune homme et des bêtes sauvages dont un tigre du Bengale. L'homme, l'animal et la nature déchaînée. Ne manque plus que Dieu, mais le narrateur nous rassure, il n'est pas très loin. Comment ne pas le trouver lorsqu'on est perdu, au bord de la folie, dans l'immensité du Pacifique ? 


Le bouquin était réputé inadaptable (et pour cause), rien de mieux pour appâter un réalisateur en mal de défis et assurer une adaptation, même si on attendait pas forcement Ang Lee dans une telle aventure. Un réalisateur qui confirme avec cet OVNI qu'il est bien un cas à part, un des rares metteurs en scène travaillant aux États-Unis à changer radicalement de sujet, d'univers, de taille et de concept à chaque film. Un expérimentateur. Une sorte de Steven Soderbergh 2.0 (parce que la plupart de ses films sont bons, contrairement au modèle 1.0).

Le pitch est attirant, le concept est séduisant. Et pourtant, on reste plus que dubitatif devant le film. Étrange sentiment de vouloir se cacher les limites criantes d'un long métrage parfois bancal et boursouflé, pour ne reconnaître que la beauté du geste.


Car comment ne pas apprécier le panache, l'audace de porter à l'écran un tel récit ? Comment rester insensible a des images totalement irréelles, et pourtant saisissantes ? Pi déborde d'ambition formelle, à défaut de disposer de solides arguments narratifs ou philosophiques. La 3D est utile (oui, oui), les effets numériques sont parfaitement intégrés dans le film, et on croit chaque seconde au spectacle de lumières proposé par les magiciens de l'image, y compris ce tigre criant de vérité ou encore cette baleine qui s'invite au cœur de la nuit.

Un spectacle qui nous ramène a un temps ou une major pouvait prendre le pari un peu fou de nous embarquer dans une aventure inédite et de nous proposer des images qui se gravent dans la tête, sans chercher à préparer une suite, sans chercher à abrutir son spectateur. Juste avec l'intention de nous faire rêver.


Pour toutes ces raisons, on sera près à pardonner beaucoup a un film qui ne manque pas de défauts par ailleurs. Comme cet épuisant et inutile prologue indien. Comme son didactisme et ses artificiels aller-retour dans le temps. Comme le gentil simplisme de son approche religieuse pour les nuls à la limite du Bernard Weber. Comme ces flottements permanents dans le rythme et dans le récit.


Mais surtout comme ce manque criant d'émotion. Dur de filmer le vide, la métaphysique de la solitude et du désespoir derrière une telle avalanche de couleurs et d'effets. Difficile de se sentir concerné derrière un tel vernis.

Mais émotion il y a. Elle apparaît pourtant, mais très tard. Dans ces dernières minutes qui déstabilisent, questionnent, remuent. Qui posent des questions de cinéma tout en nous conviant aux adieux les plus déchirants que l'on aura vus cette année.

Des dernières minutes qui donnent enfin de la perspective et de la profondeur a un livre d'images singulier, étonnant, fascinant, mais qui nous a trop fait attendre...

 

 

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Published by DH84
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