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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 06:57

 

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Thomas Vinterberg est un ex-prodige. Du genre qui tourne mal quand la gloire lui tombe sur la tête. La gloire, pour ce réalisateur danois, c'était Festen, un film dogme assez bluffant à l'époque, sur une famille où l'on se déchire autour d'une histoire d'attouchements (déjà). C'était il y a 15 ans. Depuis, plus rien ou presque, jusqu'à ce retour en sélection officielle au Festival de Cannes et la récompense pour son acteur principal.


La chasse n'est pourtant pas un film qui déclenche un enthousiasme démesuré (il n'y a qu'à jeter un œil aux critiques très partagées), plutôt le type de long métrage tellement proche d'une indéniable réalité sordide et violente, qu'on finit par se demander quel peut-être le but de s'enfermer deux heures pour aller plonger profondément dans la partie la plus noire et la plus idiote de l'Homme. De (bonnes) raisons, Il y en a pourtant beaucoup.

 

Car cette histoire est tristement banale : un homme qui travaille au jardin d'enfants accusé d'attouchements par une innocente petite fille. Le choc dans le village, les amis qui s'en vont, et la mise à l'écart malgré ses dénégations répétées. Puis la police, la perte d'emploi, et bientôt les insultes, la violence. Jusqu'ou un homme peut-il supporter ça ? Jusqu'où une foule peut-elle condamner l'un des siens quand un enfant aurait été touché dans sa plus grande intimité ?

 

Le sujet est difficile, mais furieusement réel, comme l'actualité de ces dernières années peut en témoigner. Dans Présumé Coupable, on voyait comment la machine judiciaire pouvait broyer un homme injustement accusé. Ici, Vinterberg se détourne complètement du pan policier pour se concentrer sur la vie d'une communauté déchirée par cette histoire.  D'où une mise en place longue, mais indispensable pour comprendre des ressorts qui sont complexes,  croisant invariablement une raison que plus grande monde n'écoute, et l'obligatoire affect des parents touchés par cette tragédie.

 

Et là dessus, le film est traité avec la finesse que nécessite une telle entreprise. Pas de raccourcis, pas de facilités, peu de manichéisme, tout ce qui se passe à l'écran semble inévitable, et captive par sa prise sur le réel, par son refus de l'exagération et de l'outrance. Vinterberg ne se prétend pas juge, il n'assène pas, il observe avec intelligence. Et quand dans le dernier tiers du film, la violence éclate, on est même plus surpris, juste ému, jusqu'à ce repas de Noël improvisé, scène magnifique dans l'ombre. Jusqu'à cette fin mystérieuse, qui tourne le dos à un dénouement trop facile, dans ces paysages vaporeux et gris d'un Danemark où l'on voit passer les mois d'hiver.

 

En homme blessé et humilié, Mads Mikkelsen est extraordinaire. En ami brisé, Thomas Bo Larsen est impressionnant. Ils nous font croire à cette histoire, qui au bout du compte, parvient à nous émouvoir, mais aussi à un inévitable questionnement. Et si c'était moi, d'un côté ou de l'autre de la barrière ? 

 

 


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Published by DH84
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commentaires

Chris 21/11/2012 07:59

L'occasion pour moi de te recommander a nouveau ce film danois
http://en.wikipedia.org/wiki/In_a_Better_World

DH84 21/11/2012 08:12



je vais essayer de trouver ça en DVD...