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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 08:03

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Le royaume de France est plongé dans les guerres de religions. Les batailles se multiplient, les complots s’ourdissent à la cour du faible roi Charles IX. Ce qui n’empêche pas les nobles de continuer à chercher les alliances à travers des mariages arrangés. Marie, promise au futur Duc de Guise, se voit forcée d’épouser le prince de Montpensier. Mais entre le frère du roi, son instructeur et Henri de Guise, Marie continue à déclencher de l’intérêt, quand ce n’est pas de nouvelles passions. Au grand dam de son mari .


Bertrand Tavernier semble chercher à (re)faire un grand film populaire, à la fois exigeant et accessible, en mêlant un cadre historique très dense avec une intrigue sentimentale qui pourrait être universelle.Pour le cadre, plusieurs personnages et évènements sont authentiques, et le climat de violence et de défiance de cette époque permet de dramatiser à la fois les rapports entre les protagonistes, et de donner une belle toile de fond. La reconstitution est d’ailleurs très réussie, à la fois soignée et réaliste. Pour l’intrigue sentimentale, des mariages, des jalousies, des trahisons et une passion qui semble dévorer chaque homme qui s’approche de trop près de Marie de Montpensier. Mais au global, l’Histoire (avec un grand H) ne sert bien que de cadre, ce sont bien les passions et les haines qui sont au centre du film.


Et Tavernier choisit de les développer sur un rythme tranquille, en prenant le temps d’être parfaitement didactique à chaque scène. Rythme pépère, scènes de bataille à l’esthétique cheap, profusion de références historiques, vocation pédagogique : on aurait pu être dans un téléfilm du dimanche soir sur France Télévision.  Un téléfilm de qualité, mais un téléfilm quand même. Le réalisateur a posé une mise en scène particulièrement sage, calme et peu marquée qu’il déroule sur un film en plus assez long. Quand on voit les deux autres films en français qui étaient compétition à Cannes,(Tournée et Des hommes et des dieux), il y a un fossé dans la qualité cinématographique.


Heureusement, le casting rattrape bien des défauts. Les quatre prétendants sont vraiment formidables, dans des registres très différents. Lambert Wilson est (comme toujours) parfait dans son rôle de vieux chevalier à la passion renaissante. Gaspard Ulliel est un Henri de Guise à la fois dangereux et magnétique. Grégoire Leprince-Ringuet touche dans un rôle tout en nuances de mari trompé. Et Raphaël Personnaz montre qu’il gagne à être connu en rendant le futur Henri III à la fois inquiétant, charmant, passionné. Si le jeu de Mélanie Thierry, sur le fil du rasoir, semble toujours à la limite de la rupture, l’émotion passe, certains héros fascinent et le dénouement à la fois beau et tragique finit de convaincre. 

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Published by DH84
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