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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 06:27

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C'est la crise ma bonne dame. Une crise internationalisée, qui frappe sans répit l'honnête travailleur, pour mieux engraisser des contingents entiers de banquiers anglo-saxons qui vivent à Miami sur des yachts entourés de call-girls de luxe, à brasser leurs millions et à préparer leur prochaine attaque nucléaire sur le contraignant modèle social européen. Heureusement, il reste le capitalisme "à la française", fait de jeux de pouvoirs, d'intrigues de palais, de consanguinité et de réunions au sommet chez Papa. De débonnaires patrons un peu cyniques, mais pas tellement méchants, qui auraient presque des scrupules à préparer les charrettes de licenciés dans leur hotel particulier à 50 millions d'euros. Non, vous n'êtes pas sur M6 en deuxième partie de soirée, vous êtes dans le nouveau film de Costa-Gavras.

 

A part l'excellent documentaire "Inside Job", la crise n'avait pas franchement inspiré les cinéastes américains ces dernières années. Et depuis le désastre moral et artistique orchestré l'an dernier par Cédric Klapisch, on le sait : la crise économique n'inspire pas franchement non plus les cinéastes français quand ils la regardent sous l'angle bancaire et financier. L'occasion quand même de confirmer le portrait du banquier français vendu au grand Satan : immoral, carriériste, d'une sexualité compulsive (merci DSK...), parfaitement anglophone et incarné par un acteur à contre-emploi. Après Gilles Lelouche, c'est donc Gad Elmaleh qui enfile les costards à dix mille boules, part en voyage avec des mannequins et se lime les dents sur le plancher de sa banque. Quelques semaines après les Seigneurs, le changement est pour le moins brutal. Encore un peu de patience et ce sera au tour Franck Dubosc...(ne riez pas, ça va finir par arriver)

 

Le monde économique vu par Costa Gavras est donc simple : il y a les méchants, les très méchants et les très très méchants. Bienvenue dans l'univers de l'analyse et de la nuance, et tant pis si on mélange tout, entre OPA, licenciements boursiers, stocks options et délits d'initiés. Une telle volonté simplificatrice ne passe pas dans un film sur ce sujet, en tous cas pas quand on veut se prendre au sérieux. L'économie niveau CE1 a ses limites, et il ne suffit pas de faire balancer à ses personnages des horreurs capitalistes dans des salles de réunion pour porter un propos politique .Surtout quand, pour équilibrer, on nous fait passer en quatrième vitesse une femme et une famille "humaines", ainsi qu'une employée modèle qui a de gros remords. Manichéisme primaire, que l'on retrouve dans tous les personnages d'un grand cirque qui manque cruellement de charme... et de surprises.

Sans être spécialement mauvais, Gad Elmaleh ne parvient pas à sauver une entreprise qui aura au moins le mérite de rappeler que Gabriel Byrne est toujours vivant (même si c'est humainement et pas artistiquement)

 

C'aurait pu être une blague, quelque chose de grotesque, une gigantesque farce, à force de clichés, de poncifs, de scènes expéditives et parfois totalement surréalistes.(si vous vous demandiez comment piéger en trois minutes montre en main les plus grands rapaces du capitalisme anglo-saxon avec un Blackberry et une clé USB, vous allez être servis). Mais le film persiste à se prendre au sérieux et se plombe tout seul.

C'aurait pu être un autre film, celui d'un "Insider" qui renverse le monde cloisonné du capitalisme français. Mais tout le monde est trop occupé à dézinguer du banquier pur porter une telle ambition.

Ou alors c'aurait pu être un film à suspense sur la faiblesse humaine, vue à travers le scope hyper documenté d'un réalisateur brillant. Mais ce film existe déjà, il est sorti il y a quelques mois, il s'appelle "Margin Call"

 

 


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Published by DH84
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