Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 10:06

EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif

 

REVIEW-Cannes-2011-Le-Havre-de-Aki-Kaurismaki-est-un-film-d.jpg

 

Le Havre, donc. Un cireur de chaussures professionnel se prend d’affection pour un jeune immigré clandestin que la police recherche. Il souhaite l’envoyer à Londres, mais a déjà du mal à s’occuper de lui-même, sa femme étant à l’hôpital pour une longue maladie. Chez le vieil homme et l’adolescent, la même innocence, la même spontanéité, mais aussi le même respect de l’être humain, sans jamais de violence physique ni verbale. C’est d’ailleurs ce qui est saisissant ici : le cheminement profondément calme du film, malgré le sujet qu’il aborde. Pas une parole plus haute qu’une autre, pas une agression, pas de haine. Un grand bol de tolérance, de respect et d’humilité qui pourrait paraître naïf au premier abord, mais qui fait au final un bien fou. Et qui correspond parfaitement au cinéma de Kaurismaki, simple, direct, léger, sans fioritures de caméra, qui lui permet de plonger directement dans le cœur de ses personnages.

 

Sur un sujet d’actualité brûlant et controversé, Kaurismaki tresse donc une histoire de conte de fées, quasiment sans méchant, avec ses bons génies et ses personnages improbables. Un croisement réussi entre la dureté et la force de Welcome, avec  l’innocence et la nonchalance de l’univers d’un Jacques Tati. Ce ton est unique, il est plaisant, décalé, magique. Et tout est au diapason : André Wilms d’abord  (ne cherchez plus, Monsieur Lequesnoy, c’est lui), sa diction si particulière, sa  manière de ne jamais être surpris de rien. Jean-Pierre Daroussin, dont on comprend vite qu’il va s’éloigner du policier rude et borné dont il se donne les grands airs.  Les espaces du Havre ensuite, le cadre populaire un peu désuet. La simplicité des personnages et des dialogues ensuite, qui rapprochent par moment Le Havre d’un film pour enfants. Mais ne vous-y-trompez pas : ce simplisme apparent cache une grande humanité qui n’a rien d’enfantine. La manière dont tout le monde et chacun va sa mobiliser pour cet adolescent qu’ils viennent de rencontrer est une vraie leçon d’accueil et de générosité.

 

On pourrait d’ailleurs se demander si le film ne se passe pas vingt ans auparavant, mais le malicieux réalisateur ne manque pas d’intégrer la voix d’Eric Besson et un reportage télé pour bien nous ramener brièvement à la réalité. Une rude parenthèse de vie réelle dans cet univers bizarre, mais pourtant féérique et malicieux. La générosité et le respect ne semblent pas être des valeurs condamnées à rester cantonnées aux téléfilms et aux comédies romantiques moralisatrices et lourdingues. Merci Aki ! 

 

 

 

 

Page Facebook

Page twitter

 

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires