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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 07:59

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Comic-Con-The-Hobbit.jpg

 

Le retour (compliqué) du roi. Quelques années après avoir créé une petite révolution dans le monde de l'Entertainment hollywoodien, l'ex-bricoleur et désormais nabab Peter Jackson nous en remet une (longue) couche avec l'adaptation non moins pharaonique de l'œuvre précédant le Seigneur des Anneaux. Une occasion pour les aficionados de la Terre du Milieu de retrouver leur univers en salles. Une occasion pour Jackson et ses potes de tester de nouvelles technologies (caméra à 48 images par seconde, 3D, etc...). Une occasion pour le studio MGM de se refaire une santé financière avec un projet qui devrait, sauf catastrophe, être très rentable. Et pour les autres ? Mystère.


Sans être un grand spécialiste de l'univers de Tolkien, on peut comprendre que Bilbo le Hobbit était un livre d'introduction à la grande trilogie sombre et épique du Seigneur des Anneaux. Beaucoup plus court, plus enfantin, le récit de la quête de l'oncle de Frodon, de ses nouveaux amis nains et de l'inévitable Gandalf ne nécessitait peut-être pas la même ampleur dans l'adaptation, avec désormais trois chapitres de trois heures prévues jusqu'à 2014. Contraintes économiques ? Volonté de l'artiste de prendre son temps ? On ne saura peut-être pas le fin mot de l'histoire, mais le résultat est devant nous : c'est long, très long, trop long.


Probablement parce qu'il n'y a plus de surprise. La Terre du Milieu est exactement dans l'état où on l'avait laissée, on sourcille à peine devant l'arrivée désordonnée des nains, et Gandalf semble sortir du placard des sous-sols de New Line où on l'avait stocké. Et si il y a quelque part du plaisir à retrouver cet univers si familier, il ne suffit pas à tenir les 180 minutes d'un ensemble qui ressemble furieusement à la Communauté de l'Anneau. Par plaisir ou par facilité, les clins d'œil et les croisements vont s'accumuler sous les yeux du fan parfois amusé, parfois décontenancé. Saroumane, Elrond, Galadriel et même Frodon viennent dire bonjour, appuyant parfois lourdement sur les événements à venir. Le mal ronge, Sauron va revenir, Saroumane n'est pas très clair. Les elfes sont sur le départ. Mais au fait, et la quête des nains dans tout ça ?


Car entre un récit hyper étiré et les balises de son prequel/remake, on a parfois la sensation que Peter Jackson en oublie complètement son récit. Il y a bien un dragon quelque part, il y a bien une montagne, mais il reste encore deux épisodes, donc prenons notre temps et allons retourner (en beaucoup moins bien) les scènes de la Moria avec des Gobelins menés par un splendide roi en images de synthèse (Un sosie de Raymond Barre qui fait beaucoup rire mais ce n'était sûrement pas le but). Prenons le temps de décortiquer sous tous les angles possibles la rencontre entre Bilbo et Gollum. Faisons quelques gros plans sur les des orcs déchaînés. Et appelons les aigles à  la rescousse quand on est coincés sur un arbre.


The Hobbit, c'est un peu tout cela. Un prequel, un pastiche, un remake, une variation autour de l'univers. Le plaisir avec lequel son réalisateur s'est à nouveau plongé dans l'oeuvre de Tolkien est parfois communicatif, mais il ne permet pas de tenir sur la durée un film qui manque cruellement de densité, d'enjeux, et même de cohérence. Entre le désir de donner un souffle épique et celui de respecter de près un roman plus fantaisiste que sombre, on se rapproche dangereusement de la grosse meringue numérique vide de sens.


Malgré toutes ces problèmes, malgré une déception qui grandit au fil des minutes, il faut avouer que Peter Jackson et ses équipes restent des faiseurs de talent. On aimerait voir plus souvent des blockbusters avec un tel sens de l'image, du casting, de l'épopée. On aimerait voir plus souvent des parenthèses épiques, comme dans ce prologue chez les nains. On aimerait écouter plus souvent les partitions magnifiques d'Howard Shore et passer des heures à contempler les paysages de Nouvelle Zélande.

 

Mais Peter Jackson lui même avait mis la barre beaucoup plus haut il y a quelques années. Et il est illusoire de nous demander désormais de se contenter de ce gros film parfois beau, parfois entraînant, mais indéniablement limité. Une déception, mais qui n'empêchera probablement pas grand monde de se ruer dans les salles pour l'épisode 2 de cette nouvelle trilogie. L'espoir fait vivre, et pas qu'en Terre du Milieu

 



 

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Published by DH84
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Fifien 06/01/2013 18:45

Bah moi j'ai trouvé ça excellent ! Une superbe adaptation du livre - même si elle n'est pas parfaite, Jackson est resté un peu bloqué de par son adaptation du SdA et a voulu faire pareil.
Comme pour le SdA, les volets 2 et 3 seront sans doute bien meilleur : bataille des Cinq Armées et segment avec Smaug - EPICNESS en prévision.

Sinon très bonne critique - pas totalement d'accord, mais ouvert quand même aux autres points de vue =)

DH84 07/01/2013 07:52



Oui, ça a débatu sec sur les forums en fin d'année dernière... y a beaucoupde fans