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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 09:36

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C’est ce qu’on appelle un remake express : Pour elle, film français avec Vincent Lindon et Diane Kruger était sorti en 2008, et à peine deux ans plus tard, Hollywood nous honore pour les fêtes d’une jolie petite photocopie couleur en anglais, jouée par des acteurs du cru et se déroulant à Pittsburgh. L’idée de départ était bonne, alors pourquoi priver le public américain d’une histoire aussi trépidante sachant que celui-ci ne se déplacera pas pour aller voir un film français sous-titré ? C’est pas comme si ils avaient des scénaristes de l’autre côté de l’Atlantique….


La vie de John bascule le jour où sa femme est arrêtée pour meurtre. Condamnée à une lourde peine, elle fait une tentative de suicide en prison. Désespéré, John cherche alors tous les moyens de la sortir de là, y compris la faire évader. Etant lui-même enseignant et ne disposant pas forcément des connaissances et compétences nécessaires, il se renseigne, mais la route est longue et sa femme doit être transférée dans 3 jours…


Ceux qui ont vu l’original risquent de ne pas être trop dépaysés, le réalisateur Paul Haggis s’est évertué à ne pas changer un seul plan, et à garder l’ensemble de l’histoire sans chercher de variante. (la vision des deux bandes annonces est éloquente…).  L’intérêt de l’intrigue repose évidemment sur la métamorphose du quidam normal qui va devenir un petit génie de l’évasion, puis un héros hard-boiled.  La phase de « préparation » est classique : on recherche du pognon, on observe les va et vient, on prend des photos et on étale des grands plans sur le mur en écrivant dessus au marqueur comme Wentworth Miller dans Prison Break. La routine, quoi. On se rassure au passage sur la liberté de l’information aux Etats-Unis où l’on peut rencontrer un prof d’évasion certifié dans un bar, apprendre à faire des clés qui ouvrent les prisons sur Internet et trouver sans trop de problèmes quelqu’un pour se faire livrer à domicile des faux passeports nickels. Ca valait bien la peine de créer la Patriot Act et de gueuler sur Wiki leaks…Et même si le scénario ajoute quelques péripéties pour nous faire comprendre que c’est pas si facile, on a quand même du mal à y croire…Sans compter que pour la partie évasion proprement dite, Paul Haggis nous sort Madame de prison en deux coups de cuillère à pot, tout ça pour partir dans une course poursuite interminable et dont le dénouement semble tellement évident qu’on en a mal pour les flics d’élite qui se font avoir plusieurs fois comme des gamins de 10 ans.


L’idée de départ était bonne, à condition de disposer d’un acteur crédible dans le rôle du pauvre type qui se surpasse (et c’est cas, Russel Crowe fait le job) , mais surtout d’un réalisateur disposant d’une finesse et d’une énergie pour faire avaler au spectateur cette histoire souvent un peu trop grosse. Et Paul Haggis, s’il est un scénariste reconnu et talentueux, n’est pas un metteur en scène suffisamment doué pour faire passer un plat pareil, ce qui finit par rendre l’ensemble d’une rare lourdeur. Le mélange croisé entre les obligations du film de commande, la légèreté du scénario, l’intensité du jeu de Russel Crowe et la maladresse du réalisateur finissent par rendre le film lourdingue, voire franchement pénible. Seul l’immense Liam Neeson, le temps d’une scène rapide et furtive, donne un aperçu de ce qu’aurait dû être ce film : un objet dense, sauvage et dur. C’est donc ce qu’on appelle un remake inutile : même film, sans aucune valeur ajoutée, qui peut même décrédibiliser l’œuvre originale. Qui nous confirme que Russel Crowe est un grand acteur, mais qu’il a bien du mal à choisir ses films. 

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Published by DH84
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