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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 07:43

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Tintin-movie.jpg

 

 

Steven Spielberg en avait toujours rêvé, il l’a fait : transposer les fameuses aventures du reporter belge sur grand écran. Le film se veut fidèle à l’univers, et compile plutôt habilement trois albums en un film (Le secret de la Licorne, donc, mais aussi Le trésor de Rackam le Rouge et le crabe aux pinces d’Or) , on retrouve la plupart des scènes des albums, et même quelques ajouts pour pouvoir donner suffisamment d’action à des histoires qui n’en étaient pas forcément très pourvues. Mais surtout, restait le problème de la mise en image de la BD…


Et là, Spielberg a su attendre de trouver les outils techniques qui pourraient rendre justice à un monde dont l’adaptation sur grand écran semblait plus que fumeuse, en particulier après les deux tristes tentatives avec des acteurs réels, et la série animée sympathique mais bien inoffensive. Ici, le réalisateur a utilisé la motion capture , ce procédé qui permet d’enregistrer de vrais mouvements et expressions d’acteurs pour les transposer dans un univers virtuels. (le personnage de Gollum en est l’exemple le plus connu). Le procédé existe depuis un certain temps mais le réalisateur a attendu qu’il soit suffisamment au point. Il a eu raison : le procédé est extrêmement impressionnant, visuellement très réussi et colle parfaitement à l’univers.

 

On est dans un entre-deux étonnant entre la BD et le réel, entre des personnages de chair et le dessin animé. Et miracle : les personnages sont réussis, y compris Tintin et Haddock. Et surtout, sur cette trame, Spielberg va pouvoir poser sa marque de réalisateur. Et dès la scène d’entrée, sa virtuosité fait mouche, la caméra se faufile entre le gens, échange les points de vue, flâne avec les passants. On est dans un vrai film, pas dans un dessin animé, et même la 3D trouve pour une fois son utilité. La suite sera un enchainement de morceaux de bravoure, entre un abordage magnifique, une quête désespérée dans le désert et la mise à sac de la ville de Baggar. Du très beau boulot, divertissant, brillant et d’une grande maitrise.


 

Mais malgré tout, l’adaptation « fidèle » de Tintin peut-elle donner autre chose que ce spectacle magnifique, mais jamais surprenant ? La plupart des questions et réponses sont déjà connues de celui qui a lu (et relu) les albums, les enjeux dramatiques sont donc très faibles, ce qui est gênant dans un film d’aventures trépidant, dont on fini par se lasser. Encore plus embêtant : on ne retrouve peu ou pas l’humour si particulier et si indispensable de l’univers, comme si tout était écrasé par la puissance de la machine de Spielberg. C’est magnifique, mais au final, cela peut laisser insensible.

 

On a plutôt la sensation de se balader dans une exposition et un parc d’attraction dédiés au journaliste belge, une sorte de Parc Tintin. Les attractions dont fabuleuses, les scènes sont très belles, on est impressionné par la performance, mais finalement pas aussi emballés que par de simples bulles sur papier glacés. La BD a encore de beaux jours devant elle…


 

 

 


 


 

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Published by DH84
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commentaires

Chris 15/11/2011 16:43


J'en sors et j'ai trouvé le spectacle plaisant. J'y allais avec un a priori négatif en espérant être positivement surpris, et ce fut le cas. Trois étoiles sont méritées et je décerne un blâme au
Masque bien trop snob cette fois là.

J'ai trouvé les images superbes, l'adaptation habile (la combinaison des albums), fidèle sur les personnages (en particulier Allan qui ne pouvait être plus realiste), sur leurs relations (dont
celle entre Tintin et Milou), et l'esprit géneral de la BD, quoique pas toujours très fine dès qu'elle s'éloigne finalement du récit original.

Techniquement, on atteint des sommets sur l'image numérique et la motion capture, c'est très beau dans la photographie et la direction (la patte Spielberg sur les scènes rythmées est indéniable),
et on a le sentiment de voir un film à de nombreux moments. Une première pour moi dans un film d'animation, un vrai travail sur la profondeur de champ qui contribue au sentiment "réaliste"
global.

Le film souffre cependant d'un gros problème de montage sur la fin. J'ai passé une heure et demie très agréable, mais j'ai trouvé les dernières scènes trop touffues, pesantes, pénibles une fois
passé l'extraordinaire mise en image de l'abordage, et l'écart du récit avec les livres d'origine.
Une accumulation de scènes d'action pas toujours nécessaires fait franchement penser à un jeu vidéo (la course poursuite au Maroc à la Assassin's Creed), et finalement le film finit en queue de
poisson, un peu vide, nous laissant sur notre faim (on aurait préféré une scène de sous-marin...).
Bref, on sent que Spielberg et Jackson ont beaucoup investi dans des images magnifiques mais la production n'a pas su choisir, le final cut méritait à mon sens d'évacuer quelques scenes (la
bataille de grues).


Finalement, la fidélité globale du projet dans sa première partie permet de célébrer le génie d'Hergé, sa capacité à raconter une histoire intemporelle qui ravit les petits et les grands. Surtout,
il souligne à quel point Hergé avait une "écriture" très cinématographique, un grand sens du rythme, et on ne peut s'empêcher de s'interroger: n'est ce pas lui qui a apporté quelque chose au
septième art, plus que Spielberg ne donne au neuvième art et à Tintin?


DH84 15/11/2011 22:57



Belle analyse M.Mayol ...


Mais je me demande si une adptation plutôt fidèle de BD peut être plus qu'un joli musée pour les fans, qui connaissent de fait histoires et dialogues par coeur. Je pense que j'aurai beaucoup plus
apprécié le film si j'avais découvert l'ensemble


Et puis il y a un génie d'Hergé qui passe à la trappe, c'est celui de l'humour quand même !