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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 07:58

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Ce qu'il y a de bien avec le cinéma, c'est qu'une baisse de moral ne dure jamais très longtemps. Après un début d'automne difficile, c'est avec une régularité de métronome que viennent s'échouer dans les salles des petits films qui font un bien fou. Une semaine après Cogan et Tabou, entre le débarquement  massif du Hobbit et une énième comédie française bancale, la vraie bonne surprise de la semaine nous provient en droite ligne d'un petit coin perdu de Louisiane. Une caravane entourée d'eau, non loin d'une des grandes digues qui protège la ville, face à la mer et aux tempêtes qui balaient régulièrement cet endroit si curieux et si unique des Etats-Unis.

 

Car en découvrant les premières images, on pourrait presque douter que l'aventure commence dans le pays qui vient d'inonder le monde d'images de la réélection de Barack Obama. La Louisiane, ses marais, sa musique, sa lumière sont à part, et leur spécificité a toujours inspiré les artistes et les créateurs. Elle a connu toutes les catastrophes possibles y compris à l'écran (Nicolas Cage en flic drogué ou en justicier, une invasion de vampires et des fantômes sudistes, ça vous pose le tableau), mais a gardé cette identité remplie de mystères qui sert de cadre à cette aventure, car c'en est bien une.

 

L'aventure d'un petit bout de fille de 6 ans haute comme trois pommes et de son père, gentil alcolo un peu barré, qui ne veulent pas quitter leur foyer malgré la tempête, les inondations, la maladie.  Avec leur joyeuse bande de voisins, ils semblent comme immunisés contre la catastrophe qui s'étend autour d'eux, dans une atmosphère brumeuse qui fait la part belle aux bouteilles vidées un peu trop vite, aux crises de fou rire et à l'accent inimtiable des locaux (ne voyez -évidement- le film qu'en VO!) Et il faut voir cette gamine (Quvenzhané Wallis, incroyable révélation) assommer des poissons chats, se cuisiner un petit diner ou défier son père au bras de fer. Une petite boule d'énergie comme on en a rarement vu, dont le regard semble pouvoir défier à peu prêt tout.

 

Malgré son style brut et sa caméra à l'épaule, le film s'éloigne vite d'un documentaire pour nous entraîner vers un conte. Car comme dans les contes, c'est bien l'enfant qui raconte, qui guide, qui explique, qui nous invite à la découverte, dans les marais, sur des embarcations de fortune, ou dans les recoins les plus perdus de sa petite caravane. Dans un environnement pareil, le rythme ne peut être que lent, calme, apaisé. A peine dérangé par la tempête qui semble s'évanouir aussi vite qu'elle est arrivée. Nullement troublé par un incendie qui s'éteint aussi promptement qu'il a été déclenché. Même pas effrayé par un alligator qui s'invite pendant la sieste. Comme dans un rêve...

 

Dans ce rêve, ou parfois dans ce cauchemar, débarquent des créatures d'un autre temps après une longue marche. C'est un rêve où l'on peut, presque comme chez Terence Malick, disserter de longues minutes sur la nature et son équilibre, profitant de tous les fabuleux décors que peut proposer l'endroit. Un rêve où des images de désolation deviennent instantanément le quotidien. Un rêve où l'on peut débarquer sur le plus irréel des bordels flottants, baigné de lumière et de chaleur,  pour retrouver celle que l'on croyait perdue.

 

La lumière, la musique, les décors naturels, tout semble épouser avec harmonie la trajectoire à la fois drôle et dramatique de cette petite fille. On en ressort en se disant qu'il se s'est pas passé tant de choses que ça dans ce bayou inondé, mais que, même si on ne les connait que depuis deux heures, ils vont drôlement nous manquer, Hushpuppy et son daddy.

 

 

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Published by DH84
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