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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 10:22
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Les-Chevres-du-Pentagone-photo.jpg

Années 1980. En plein délire Reaganien, l’armée américaine décide de financer un projet de soldats psychiques. Véritables chevaliers Jedi, ces soldats doivent se servir de leur esprit uniquement pour gagner des batailles et prendre de l’avance sur les russes avant que ceux-ci ne développent leurs propres bataillons. Au menu des entrainements : conduite à l’aveugle, traversée de murs et assassinat de chèvres par le regard.

C’était une si bonne idée... Le principe de ce bataillon de marines habillés en tuniques à fleur, shootés 24 heures sur 24 au LSD et qui essaient de tuer des chèvres en les regardant avait quelque chose de génialement cocasse et profondément drôle. L’élite de l’armée américaine, incarnation de la tradition puritaine et conservatrice, incarnée par une bande de baba-cools dirigés par un hippie adepte de la voyance et de la prise de drogue continue ? Il y avait de quoi se poiler. Mais une bonne idée fait-elle un film a elle toute seule ? Non, évidemment. Même avec le renfort de la crème de la crème des acteurs américains, le film fait pschitt. La faute à un scénario très limite qui ne se repose que sur l’idée de départ sans jamais en trouver d’autres et sans jamais la décliner avec réussite dans d’autres univers que celui de la caserne. La faute à une narration éclatée en deux temps (le présent en Irak, et l’histoire de la brigade, aux US) qui ne fonctionne pas du tout et qui patine même fortement quand le périple se perd dans le désert. La mise en scène et la mise en image demande un minimum de talent et de maitrise et l’ex producteur/scénariste Grant Heslov n’a manifestement pas l’étoffe nécessaire. Il cherche à ressembler aux frères Coen, mais il ne fait finalement qu’étirer des bonnes idées et quelques scènes réussies, qu’on a d’ailleurs toutes pu voir dans la bande annonce.

Le film parvient quand même à faire rire de temps en temps, et à faire sourire assez souvent. La cocasserie des situations suffit la plupart du temps à animer le récit, mais elle repose finalement que sur une sacrée bande de gugusses qui s‘amusent bien avec des personnages décalés. Jeff Bridges, Georges Clooney et Kevin Spacey en font donc des tonnes avec bonheur, et permettent souvent au film de surnager, mais jamais de décoller. Au final, il se résume à une succession de gags parfois réussis mais trop limités en nombre et en cohérence pour que le film ne ressemble à autre chose qu’un sketch à rallonge. On peut en particulier difficilement pardonner une dernière bobine longue, pénible et ennuyeuse et une conclusion bien fade. Bref, une vraie déception au vu du potentiel du film et de l'équipe rassemblée.

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Published by DH84
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