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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 06:03

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Le Caire, 3 destins croisés. Il y a cette femme qui se rend à son travail, qui est discrètement mais régulièrement opportunée par des hommes qui profitent de la foule pour laisser traîner leurs mains. Il y a cette autre femme perdue dans un mouvement de foule, séparée de son compagnon et molestée. Il y a cette jeune fille qui ne se remet pas qu'un homme dans la rue ait tenté de la toucher brutalement. Mais en Egypte, on ne porte pas plainte pour harcèlement pour éviter la honte à la famille. On se tait et on endure. Jusqu'à l'explosion.

 

Le film touche à un des tabous de la société égyptiennes, comme l'avait fait précédemment le fait divers dont il est fortement inspiré. Concentré sur la réalité de la vie de ces femmes, le film n'est parfois pas loin d'un documentaire dans son traitement, et c'est probablement sa principale qualité : il sonne vrai. On croit et on partage la détresse de ses femmes, on est abasourdis avec elles par la lâcheté quotidienne des témoins, de leurs familles, des institutions. Autour d'elles, c'est presque le vide, le silence subi ou alors crée par des femmes qui ne parviennent pas à surmonter le traumatisme et s'en ouvrir à leurs proches. Pas de manichéisme pour autant, mais plutôt des portraits intéressants des hommes qui gravitent autour : parfois égoïstes, souvent maladroits, toujours désemparés.

 

Mais derrière les faits réels, ce bus 678 vise haut en terme d'ambition artistique et n'y parvient pas toujours aussi bien. En entremêlant une enquête de police et en croisant les trajectoires comme dans un grand film choral, le film perd en authenticité sans pour autant gagner en efficacité, car la mécanique narrative tourne un peu à vide.  Sentiment confirmé par quelques détours bien inutiles, en particulier par la famille du policier qui n'a pas grand chose à voir avec le reste.

 

Pris par une cause, sensibilisé à un problème grave, on ressort de là en ayant vu une sorte de documentaire bancal, suffisant pour s'intéresser au sujet, mais trop limité pour en faire un grand film de cinéma. Il n'y a d'ailleurs qu'un seul vrai personnage de cinéma, ambivalent, changeant, charismatique, sensible. C'est cet étonnant commissaire de police qui trimballe ses kilos dans tous les coins du Caire. Manque de chance, c'est un homme. 

 

 






 


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Published by DH84
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sabri 08/06/2012 04:42

Tout à fait d'accord avec toi les passages ou les personnages se croisent sans se connaitre me font penser à du Innaritu sauf que ça ne colle pas du tout au style du film je trouve le film aussi un
peu trop démonstratif et maladroit dans la façon de parler de la place des femmes dans la société égyptienne.Malgré tout ca je le trouve courageux et nécessaire le poids de la classe sociale est
plutôt finement décrit et les acteurs sont vraiment convaincants.

DH84 08/06/2012 08:15



On a vu bien pire, c'est vrai... le film mérite d'être vu