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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 07:35

 

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Arrivé des Etats-Unis avec un buzz plutôt flatteur, voici un étrange film d'anticipation déguisé en blockbuster. Un polar temporel noir et profond qui se cache derrière un casting ronflant et des effets spéciaux tartinés pendant la bande annonce. Les pitch a pourtant un air de déjà vu : dans quelques années se développeront les loopers, des tueurs dont le job est d'éliminer des prisonniers qui leur sont envoyés depuis le futur. Un boulot très lucratif jusqu'au jour -inévitable- où c'est lui-même que le tueur devra éliminer. Et c'est lorsqu'on expédie à Joe, looper de son état (Joseph Gordon-Levitt qui a changé de tête pour l'occasion) , un Joe plus vieux de trente ans à éliminer (Bruce Willis, qui lui, a gardé la même tête) que les problèmes commencent. 


Incompatibilités temporelles, artillerie lourde, illusion de réalité et changement de destinée, ce Looper ne cache pas longtemps sa filiation avec Terminator, ou plus récemment Matrix et Inception. En fait, il y a tellement de références dans ce film qu'il serait vain de toutes les chercher. Grâce à quelques moyens et à un casting 4 étoiles (dont Bruce Willis dans un bon film, ce qui faisait longtemps, mais aussi un flopée de seconds rôles grand luxe), le réalisateur Rian Johnson mène patiemment sa barque en balisant petit à petit un univers futuriste crédible même si pas tellement original.


Ce qui est passionnant, c'est le virage que prend ce petit film de science-fiction, pour nous emmener d'un sympathique mais inoffensif polar temporel à quelque chose d'autre. Cela commence probablement au moment où le mafieux local harangue Joseph Gordon-Levitt : “Vous vous habillez comme des gens d’autrefois, les films dont vous copiez les fringues sont déjà des copies de films plus anciens encore et vous ne le savez même pas.”

Dont acte : le film assume alors son décalage en continue à recycler allègrement le meilleur du cinéma de divertissement des trente dernières années pour creuser alors son sillon. Un sillon premier degré, sérieux et même parfois philosophique. Alors que les règlements de compte urbains et les courses poursuites ne s'arrêtent pas, le film se décale peu à peu vers les champs de canne du Kansas. De Nolan et Cameron, on rejoindrait alors presque Terence Malick.

Décalage formidable et inattendu, car, loin de la fureur bétonnée, c'est bien dans une ferme que le film va trouver son noyau, incarnée par une jeune femme et son enfant. Les paradoxes temporels vont s'entrecroiser et la sauvagerie rattraper tout le monde, dans le duel que se livrent Joe le jeune et Joe le vieux.


Gonflé jusqu'au bout, Looper parvient à ne jamais lâcher son concept initial tout en faisant monter la pression jusqu'à un final aussi beau qu'inattendu. Une boucle ultime d'une force rare dans un film de ce genre, à l'image de ce faux blockbuster temporel et fantastique, qui est définitivement ce que le cinéma commercial américain nous a envoyé de plus excitant cette année. 

 


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Published by DH84
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