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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 07:26

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Le polar à la française a décidément la cote. Au moins du côté des producteurs puisque ce Mains Armées semble être la énième tentative pour eux de retrouver un public, en s'adjoignant les services du désormais incontournable Roschdy Zem. Et c'est le vieux routard Pierre Jolivet qui se colle derrière la caméra, en proposant à la nouvelle petite star Leila Bekhti de se joindre à l'aventure.

 

Tout le monde part ainsi au feu dans le plus grand sérieux pour aller traquer une bande de serbes patibulaires que l'on croirait sortie d'une mauvaise production EuropaCorp (on se demande d'ailleurs souvent si Liam Neeson ne va pas passer à l'improviste pour une séance de torture improvisée). Une vilaine bande de "yougos" (sic) qui amène en France des armes de guerre piquées à l'Otan pour alimenter les petits caïds de banlieue. Pas de quoi faire peur au commissaire Zem qui tisse patiemment sa toile autour de la triste bande, avec l'aide de l'inspectrice Bekhti.

 

On doit reconnaître au film une grande qualité : sa patience. Sans chercher  tout résoudre d'un coup, le scénario prend son temps pour créer une intrigue complexe, qui fait se croiser et de décroiser les personnages entre Marseille et Paris. Mais pour tenir un challenge narratif de ce niveau, il faut des moyens et du style, et on se rend compte très vite que Jolivet n'a ni l'un ni l'autre. Pas de moyens suffisants pour créer des scènes marquantes, l'ensemble gardant un air tristement cheap qui rappelle plus Julie Lescaut que Michael Mann. Et pas de style non plus, le film étant très platement mis en scène du début à la fin. On combine ces deux handicaps dans une scène finale où l'ensemble de l'intrigue se résout en deux coups de feu autour d'une cagette de poireaux. Effet de style très minimaliste diront certains, mais ce n'était peut-être pas la peine de mobiliser l'OTAN pour ça.


Quand à l'intention de mêler la tragédie familiale et le film de gangsters, elle est éminement louable mais son exécution pataude plombe le film au fur et à mesure qu'il avance.(ah, le père qui achète les mêmes CDs que sa fille our la comprendre....). A force de jouer avec des personnages aussi simples et aussi homogènes,  Mains Armées s'enferme dans un simplisme qui ne laisse pas beaucoup de place à la nuance, et qui ne parvient jamais à mettre à hauteur de spectateur la violence et la noirceur que son sujet véhicule.

Un seul sort du lot et c'est le plus inattendu : Marc Lavoine. Le temps de quelques bobines, le chanteur à midinettes devient un chef ambivalent, dur, imprévisible. L'exact inverse de ce petit film pas déshonorant mais qui ramène le polar français vers sa triste condition de téléfilm sur grand écran.

 







 


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Published by DH84
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