Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 06:45

EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif

 

Oblivion-Trailer-Screenshot--1-.jpg

 

C'est un fait avéré : Tom Cruise s'aime beaucoup. La cinquantaine passée, l'énaurme star américaine continue à se battre contre les affres de l'âge, que ce soit en escaladant des tours ou en se fourvoyant dans des combats de rue avec de jeunes caïds mal informés. Mais ce qui est devenu une constante, c'est que les films auxquels il prête son aura deviennent SES films. On ne voit que lui, et "Oblivion" se pliera à la règle comme les autres. De ce point de vue, ce scénario était fait pour Tom : il ne reste quasiment que lui sur Terre.

Après une guerre nucléaire sans merci, notre bonne vieille planète a été décimée, les survivants s'étant repliés dans l'espace pour trouver des contrées plus accueillantes. Reste quand même quelques mécaniciens, chargés de la maintenance et de l'entretien des nombreux robots maintenus sur Terre pour en extraire les dernières gouttes d'énergie, en particulier des espèces de centrales électriques géantes qui fonctionnent ... à l'eau de mer (principe curieux, Arnaud Montebourg et Henri Proglio se sont déclarés intéressés).

 

Dans les pas de Tom, à bord d'un magnifique petit avion futuriste, nous découvrons donc une planète ravagée, donc la nouvelle quiétude est à peine troublée par les apparitions furtives d'aliens plus proches du SDF que de l'intelligence supérieure. Heureusement, les drones veillent, prêts à exterminer cette vermine nocive, même si ces appareils belliqueux pourraient aisément se faire passer pour des cousins éloignés de Wall-E, avec leur forme ronde harmonieuse et leurs petits ronronnements mécaniques.

 

Devant un univers si aseptisé et si ordonné, c'est peu dire qu'on se prend instantanément de sympathie pour les ombres noires et bordéliques qui s'enfuient au premier coup de feu. On en vient même à se demander si Tom ne va pas nous refaire le coup de "District 9" et des aliens sympathiques.  Mais non. Tout cela est pourtant est très sérieux, entre les décors monumentaux en image de synthèse et la voix off de Tom Cruise qui fait régulièrement le point sur la situation d'un ton sentencieux.

Un blockbuster d'anticipation au premier degré ? Pourquoi pas, après tout, mais celui-ci souffre dès le départ d'un scénario qui se tire en longueur, et d'un réalisateur qui ne sait pas ménager ses effets. Il y aura bien quelques surprises le long du chemin, mais celles-ci sont expédiées avec peu d'explications, sans emphase, sans un tempo approprié, le tout après une introduction interminable de plus d'une heure où chacun se demande si le film va un jour décoller. Et on ne parle même pas des monceaux d'invraisemblances qui jalonnent l'Odyssée de Tom Cruise, l'hypothèse d'un montage un peu trop cut pour arriver à un film de deux heures n'étant pas à exclure.

 

A l'arrivée on peut quand sauver des images plutôt intéressantes, de jolis décors et une ambiance intrigante qui aurait surement mérité mieux que cette adaptation franchement bancale. Même si le meilleur des réalisateurs n'aurait pas probablement pas pu sauver cette fin complètement tarte, qui se rapproche bien dangereusement d'"Independance Day". Comme référence de blockbuster lyrique et premier degré, on a quand même fait mieux. On retrouve ce décalage dans des seconds rôles purement décoratifs, entre Morgan Freeman, à peine sorti de son dernier second rôle décoratif de vieux singe  (pardon de vieux sage) à qui l'on apprend plus à faire des grimaces, et Olga Kurylenko qui découvre toutes les facettes des métiers, quelques semaines après avoir illuminé le dernier Malick.

 

Ce ne sera probablement pas le pire blockbuster de la saison (il y a beaucoup de concurrence...), mais cet "Oblivion" laisse un goût prononcé de déception, et questionne une fois de plus le choix d'un réalisateur novice qui adapte sa propre BD, sans le souffle ni le métier nécessaire (GI-Joe souffrait du même type de problème...). Est-il vraiment inconcevable de sortir Paul Verhoeven de sa maison de retraite pour redonner un peu de punch et de sauvagerie à un univers de blockbuster de plus en plus aseptisé ?

 

En même temps, une sortie en début de saison, un black-out total sur la presse et une campagne de pub assez limitée... on voit bien que même Universal avait déjà acté les limites évidentes d'un film beaucoup trop gros pour les petits moyens de son réalisateur, et pas assez maitrisé pour les désirs de grandeur de sa star.

 

 

 

 

 Page Facebook

Compte twitter      

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires