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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 08:40

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Brian De Palma reste un cas à part dans la génération du nouvel Hollywood. A côté de ses potes Scorsese, Spielberg, Lucas et Coppola, il a toujours fait office de frangin grincheux, un peu décalé, toujours compliqué. Le genre de mec a préférer faire des films dans son coin et avec ses propres obsessions plutôt que chercher un adoubement du public là où ses petits copains empilaient les succès. Ce qui ne l'a pas empêché de gouter pendant un temps à la soupe du film de studio, pour le meilleur ("Les Incorruptibles") ou le pire ("Mission to Mars").


Définitivement fâché avec le système, mais jouissant d'un prestige intact auprès de certains cinéphiles, Brian De Palma à réalisé ce "Passion" bien loin d'Hollywood, à Berlin, avec un financement européen. Une liberté totale qui lui donne l'occasion de revisiter abondamment ses thèmes de prédilections, et de lâcher complètement la bride. Etonnant, fascinant parfois bien proche du ridicule, mais pourvu de cette touche voyeuriste si particulière, le résultat est pour le moins déconcertant. Et donne comme prévu, soit des boutons (à des fans trahis par le maître), soit des orgasmes (ICI et LA). Choisis ton camp camarade !

 

Si le film est amené comme un remake d'un petit polar d'Alain Corneau,  il est surtout un prétexte pour rester très proche d'un monde dans lequel De Palma s'est toujours bien senti : celui d'Hitchcock. Une blonde, donc, dure, dominatrice, impitoyable. Une brune, ensuite, d'abord effacée, mais déterminée et solide. Une rousse enfin, en arrière plan, mystérieuse, peut-être trop gentille pour être vraie dans ce monde de requins. Une grande entreprise où l'on se bouffe pour survivre, où l'on humilie pour conserver son pouvoir, où la méchanceté la plus infâme et la douceur la plus érotique se mêlent dans un grand tourbillon malsain.

On voit que le réalisateur a ainsi pris beaucoup de plaisir à centrer son film sur les femmes. Les hommes sont écrasés, ridiculisés, mis à l'écart, la sensualité ici n'est vraiment que féminine...

 

Pour donner de la profondeur à son polar, De Palma multiplie les références à ses propres obsessions : le regard, les écrans, ce qui se passe derrière, ce que l'on ne voit pas. Certains y ont vu de l'auto caricature, mais il faut reconnaître que même dans l'autocitation, le travail reste assez fascinant de bout en bout. Par exemple avec ce split-screen infernal, procédé tellement utilisé qu'on ne pensait pas le revoir avec une telle efficacité. Cette mise en scène découpée, ces décors, cette musique pompeuse et agressive, cet environnement berlinois, tout concourt à donner à ce film un charme suranné assez déconcertant, mais plutôt agréable.


Cerise sur le gâteau, De Palma se sert d'une intrigue policière à tiroirs qui s'accélère pour lâcher totalement la bride dans les dernières minutes, cocktail imprévisible de grand guignol, de rebondissements et de croisements d'identités. Le mélange n'est pas forcément des plus digestes, mais ce polar cinéphile réussit au moins une chose rare sur la forme et sur le fond. Il surprend.

 

 

 

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Published by DH84
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