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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 06:42

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Steven Soderbergh se plait à être un cinéaste inclassable. Le genre de type à emballer des succès monstres au casting de dingue comme Ocean Eleven, et  tourner un petit film arty avec des inconnus juste après comme Bubble. Le genre de type à entraîner ses amis stars dans les projets les plus décalés comme ce très bizarre Informant ou son projet fleuve sur le Che. Mais depuis quelques années, le genre de type à tourner trois films par an sans en finir un seul correctement. Et comme les stars continuent à se presser inexplicablement au portillon (comme dans son dernier opus Contagion), ce qui devait arriver arriva : Soderbergh réussit l'exploit de livrer un navet complet avec un des plus beaux castings de l'année. Bravo l'artiste.

 

Il y avait pourtant de quoi espérer pour cette variation sur le film d'espionnage dont l'intrigue est volontairement ultra balisée. Une espionne se retrouve chassée par ses anciens employeurs, et doit les éliminer un par un pour avoir la paix et pouvoir prendre des vacances. De quoi faire une bonne petite série B estivale punchy. Sauf si l'on se roule dans les clichés du genre pour ne rien en faire.

On ne ratera donc aucun des nombreux plats attendus du menu spécial espionnage concocté par tonton Steven. Ni la narration faussement éclatée comme dans toute série américaine bidon. Ni les bureaucrates véreux de la CIA. Ni le papa soldat retraité droit dans ses bottes. Ni l'explication finale surlignée à coups de flash-backs expédiés. Ni même les gros plans sur le visage inexpressif de Gina Carano qui ont l'avantage de déclencher une certaine hilarité au bout d'un moment. Amusement confirmé par une des scènes finales sur la plage, avec une photo totalement surréaliste et un enchaînement tellement bâclé qu'on se demande si le réalisateur n'a pas délibérément quitté la salle de montage pour aller se consacrer  son prochain projet.  Tout à sa joie de faire tourner la fine fleur d'Hollywood avec une championne de free-fight; Soderbergh a une fois de plus oublié de faire un film, aussi mineur soit-il. La toute puissance du concept sur le résultat, qui montre une fois de plus ses limites.

 

Le casting est au diapason, entre ennui et hors sujet. Ennui pour Ewan McGregor et Michael "Shame" Fassbender (qui a pour le coup une bonne raison d'avoir honte), hors sujet pour Channing Tatum, et la palme de l'incongruité pour le pauvre Antonio Banderas qui n'arrive pas à sortir de sa propre caricature depuis son passage dans le désert de Jean Jacques Annaud.

L'ensemble du film nage donc une ambiance assez invraisemblable, volontairement lente, entrecoupée seulement de violents coups de tatane en espace clos et de courses poursuites au ralenti que ne renierait pas l'inspecteur Derrick lui-même. Le scénario n'a pas de sens, les rebondissements sont inexistants, il n'y a aucune scène marquante, mais cela ne semble avoir gêné personne. Et quand on se ballade avec notre championne pendant de très longues minutes sur les toits de Dublin au son d'une musique de chambre, on se dit qu'on se moque un peu de nous. Le passage de Matthieu Kassovitz en mafieux français finit de rendre totalement baroque ce film dont les reports de distribution trouvent enfin une explication assez claire.

 

Autant dire que James Bond et Jason Bourne peuvent dormir tranquille.

Si vous souhaitez voir un film ces jours-ci, n'hésitez pas à aller voir n'importe quoi d'autre.

Et si vous voulez voir du cinéma, courrez voir Holy Motors. 






 


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Published by DH84
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commentaires

Dustin 25/07/2012 21:32

Coucou, j'aime bien le style de votre blog. Par contre, je n'ai pas aimé le film Haywire ou Piégée en anglais. Le scénario est trop faible...

DH84 25/07/2012 21:37



Le scénario, la réalisation, le montage, la musique... :)