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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 08:22

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La France Giscardienne des années 1970. Héritière d’une usine de parapluie, Suzanne en a laissé les commandes à son mari, pendant qu’elle reste au foyer, fait des joggings et écrit des petits poèmes sur son carnet pour  tromper son ennui. Mais lorsqu’éclate un conflit social violent à l’usine, son mari se retrouve en incapacité de la diriger et elle en devient la patronne. Contre toute attente, tout fonctionne à merveille jusqu’au retour du mari, pressé de reprendre sa place. Mais la potiche est bien en place, grace au soutien du député communiste local, ennemi juré de son mari…


A partir de là, on assiste progressivement à l’explosion d’une famille, qui est d’ailleurs volontairement tirée à gros traits. Cela vient de la comédie de boulevard, et ça se voit, l’auteur ne cherche ni la finesse, ni la profondeur mais bien le burlesque et les grands écarts soulignés. La fille est profondément bourgeoise et pédante, le garçon rebelle de gauche (un vrai bobo avant l’heure), la secrétaire à la fois maitresse et rebelle et enfin le mari un infâme capitaliste irascible. Seule et perdue au milieu de ces clichés volontaires, c’est le personnage de la potiche qui devient patron qui apporte un déséquilibre, un changement, une nuance, et bien sûr, de grands éclats de rire.

Si la partie « femme au foyer » remplit bien ses offices en matière de vannes cinglantes et de piétinement des valeurs d’égalité homme-femme, c’est pour mieux bifurquer vers un authentique film de François Ozon : inclassable, naviguant entre du cinéma très populaire, de la comédie sans oublier un sous titrage ambigu, quand il cherche aussi une résonance avec aujourd’hui en brassant capitalisme sauvage, lutte des classes, parité et filiation.


Ce ne sera donc pas « seulement » le gros délire qu’esquissait la bande annonce mais un curieux mélange de film de société et de comédie populaire, avec quelques bonus. Un bonus gentiment politique quand il met dans la bouche de l’affreux patron les très sarkozystes « travailler plus pour gagner plus » ou « casse toi pauv’ con ». Un bonus romantique quand il recrée une histoire d’amour perdue entre la bourgeoise et l’ouvrier. Un bonus retro avec ses fringues kitch et de la bonne vieille disco surannée. Ce film est donc beaucoup de choses. Peut-être pas blockbuster de la comédie française de qualité mais un ensemble agréable, équilibré, plaisant… à défaut d’être totalement burlesque.

Et puis au final, Ozon est avant tout un merveilleux directeur d’acteur. Le genre qui peut demander à Godreche de jouer la pouffiasse sans qu’elle soit pénible. Le genre qui peut lancer Luchini dans la démesure en restant supportable. Le genre qui arrive à rendre Depardieu touchant et drôle. Et puis il y a Catherine Deneuve. Drôle, sérieuse, poignante, décalée, elle illumine la pellicule du début à la fin. 

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Published by DH84
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