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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 09:59

 

Ca y est, la grande messe du cinéma français a fermé ses portes sur la demi victoire des Hommes et des Dieux… J’ai regardé bien malgré moi quasiment en entier cet événement… petit retour

 

 

La soirée d’abord

cesar-2009Canal plus avait survendu la soirée à coup de bandes annonces et d’interviews intensives. On allait voir ce qu’on allait voir ! Et bien on a vu : une soirée interminable, mal rythmée, entrecoupée de sketchs et de saynètes la plupart du temps ratées, sous le pilotage d’un Antoine de Caunes qui n’a fait que dans la petite blague, en se concentrant sur la révolution dans les pays arabes. Très classe.

On a donc subi une animation faite de toutes petites vannes contextualités, avec de petites (et parfois bonnes) vacheries bien dirigées et plutôt pince sans rire. Pas du tout ce qu’il faut pour tenir une salle et éviter que tout le monde ne s’endorme : De Caunes aurait du potasser l’énormissime ouverture des Golden Globes par Ricky Gervais : de vraies grosses saloperies osées, des blagues hilarantes, et un vrai talent de comédien…Ce qui nous aurait épargné les plans effarants des premiers rangs où tout le monde semblait s’enfoncer dans son siège au fur et à mesure que la soirée avançait

 

Pour le reste, il a fallu donc s’appuyer sur les numéros préparés par les invités, et les réactions des récompensés.On a alterné entre le « moyennement drôle mais c’est lui quand même » (François Damiens, Jean Rochefort), le « gros moyen insignifiant » (la fanfare), la fiche wikipedia (l’hommage à Tarantino) et surtout le franchement embarrassant (Elie Semoun con-ster-nant, Charlotte Lebon totalement hors sujet, et puis cette nullissime séquence de western à la française). Même les monuments n’y étaient pas. Tarantino si disert d’habitude, n’avait pas grand-chose à dire, et même Polanski a récupéré ses césars et vite quitté la scène.

 

 

567324-michael-lonsdale-recoit-le-cesar-du-0x414-1.jpgDans ce grand et long gâchis, les quelques moments réussis en ressortent d’autant plus. C’est l’apparition incongrue d’un énorme phoque en l’honneur de Tarantino, c’est la classe et l’humour de l’immense Michael Lonsdale, c’est Pascal Elbé qui montre que le vieux numéro de starlette offensée est toujours très drôle, ce sont les actrices spontanées et drôles du new burlesque. Et enfin, ce qui restera le grand moment de comique involontaire de la soirée, c’est Leila Bekhti qui tient son décolleté qui part en live pour éviter à ses seins de sortir, après s’être gaufrée sur les escaliers. Faut changer de styliste, Leila !

 

A se demander si, comme on l’a entendu, ce n’était pas le comité d’entreprise de canal plus qui organisait. Bref, quand les américains font une soirée, ça donne ça ou ça, et les producteurs des césars semblent avoir toutes les peines du monde à rivaliser… Dommage

 

 

 

 

the-ghost-writer-mac-gregor-polansky 308   Serge-Gainsbourg-vie-heroique-Video-Still-1   Le palmares   des-hommes-et-des-dieux-de-xavier-beauvois-cannes-2010-4554   Le-Nom-des-gens-4 galleryphoto paysage std

 

 

 

 

Au moins, la palmarès est à la fois cohérent, osé et intéressant. Plutôt que de faire place à un razzia des moines, les prix se sont répartis entre de multiples films, en premier lieu du quel Des hommes et des Dieux, The Ghost Writer, Gainsbourg (vie héroïque) et le nom des gens. C’est la qualité du cinéma français dans sa diversité qui a été honorée, en laissant quand même les récompenses majeures aux deux grands films de l’année.

 

Le film de Xavier Beauvois ne repart « que » avec trois prix, mais dont celui du meilleur film. Il aurait été difficile de passer outre, même si on a fini par se demander si il n’allait pas se faire griller sur le fil. Les votants ont aussi voulu rendre un hommage appuyé à Polanski, après son année agitée. Avec ce qu’on peut appeler un film de metteur en scène, il repart avec quatre distinctions (réalisateur, adaptation, montage et musique) qui mettent en avant la grande qualité cinématographique de son Ghost Writer.

 

L’académie n’a pas non plus oublié cet OVNI musical qu’était Gainsbourg (vie héroïque) en lui remettant les deux prix que je trouve les plus adaptés pour une œuvre pas encore parfaite, mais portée par un acteur de génie (premier film, meilleur acteur). Et enfin, la vraie surprise  est venue de la double récompenses accordée à cette petite comédie innocente mais par moments géniale qu’est Le Nom des Gens (scénario, mais aussi actrice à la surprise générale). On peut citer quelques bonnes surprises sur des récompenses moins importantes mais qui n’étaient pas gagnées d’avance (Anne Alvaro plutôt que Karin Viard, The social Network en film étranger, l’exceptionnel Edgar Ramirez pour Carlos en meilleur espoir)

Deception pour Mammuth, Tournée et l’Arnacoeur qui repartent bredouilles, mais il n’y avait définitivement pas la place pour tout le monde ce soir, et un plateau extrêmement relevé pour cette année 2010. Qui s’en plaindra ?

 

 

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Published by DH84
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