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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 08:38

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Comment ramener à la vie le film d’action américain ? A une époque où le spectateur devient exigeant et où les adaptations de comics supplantent le classique american hero, chacun cherche la recette pour faire revenir à la surface le bon vieux film d’action. On peut faire dans le retro-bourrin (The Expendables), dans l’humoristique (Knight and Day) mais c’est surtout la trilogie Jason Bourne qui a posé les bases du film d’action moderne : un scénario en béton, un monde de paranoïa aigue et une virtuosité de caméra incomparable. Pas sur que le vétéran Phillip Noyce soit à la hauteur pour marcher sur les traces de Paul Greengrass...


Ici, le studio a choisi de ressortir les vieilles recettes de grand-mère en nous ressuscitant la guerre froide à New-York au XXIème siècle. Les russes veulent la peau de l’Oncle Sam et échafaudent de machiavéliques complots pour infiltrer des agents dormants sur le sol américain. Quand l’agent dormant est découvert dans des conditions curieuses, la course poursuite commence pour l’empêcher d’assassiner le président russe et causer la troisième guerre mondiale.


Tout cela sent bon le réchauffé, à l’exception d’une nouveauté de taille : c’est une femme à la manœuvre qui crée ou déjoue les complots, et qui distribue les coups de latte tout le long du film. On assiste donc à une succession de scènes pétaradantes, de poursuites et de combats au corps à corps, Angelina Jolie payant de sa personne en sautant de camion en camion, à travers une fenêtre et même d’un métro en marche. Elle change de couleurs de cheveux, se fait torturer et met des branlées à l’ensemble des services de renseignements du pays à elle seule. Ce n’est pas forcément déplaisant dans l’ensemble, même si le spectateur a vite la sensation que cet accumulation de tôle froissée et de coups de poings dans la gueule cherche avant tout à masquer la pauvreté de l’intrigue. Le film se veut un ersatz féminin de Jason Bourne, mais le réalisateur semble n’avoir retenu qu’une vague façon de filmer les combats en caméra rapprochée et une tentative d’insuffler un rythme trépidant.

Et puis surtout il est quand même dommage que l’équipe soit partie au feu avec  scénario bien trop pauvre pour soutenir correctement une idée de départ, qui n’avait en elle-même rien d’original. Les raccourcis sont à la limite de l’insulte à l’intelligence du spectateur, et deviennent de plus en plus expéditifs parce qu’il faut bien boucler le film en moins de deux heures, et préserver la possibilité d’une suite. Au bout de quatre évasions « faciles » en moins d’une heure, on se dit que les ficelles sont quand mêmes un peu grosses.

Et si il y a bien une population pour laquelle on peut légitimement être inquiet, c’est celle des américains, parce que vu le niveau de leurs forces de protection, les citoyens feraient bien de se poser des questions. Entre la police de New-York qui laisse échapper des assassins pendant les transferts, la CIA qui ne consulte pas le CV des agents qu’elle recrute, le contre espionnage qui laisse les suspects se balader dans ses bâtiments et le Secret Service qui laisse les portes grandes ouvertes à la maison blanche, tout cela n’est pas franchement rassurant. Et on ne parle même pas du bunker présidentiel conçu pour résister à une attaque nucléaire mais qu’Angélina Jolie ouvre…à la kalachnikov. A un tel niveau d’incompétence, on hésite franchement entre demander à Hollywood d’engager des vrais scénaristes, ou proposer à Bakack Obama les services d’OSS117…

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Published by DH84
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