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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 07:48

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Un addict du sexe, un vrai. Du genre à se masturber régulièrement dans les toilettes de son entreprise. Du genre à chercher les relations tarifées parfois, spontanées quand c’est possible, dans son appartement ou sous un pont. Qui remplit son disque dur de films pornos et qui utilise sa webcam pour continuer encore et encore aux heures les plus avancées de la nuit. Arrive sa petite soeur paumée qui décide de squatter son appartement...

 

Par sa maitrise et sa mise en scène acérée, Steve Mcqueen impressionne. On savait depuis son précédent film Hunger qu’il possédait regard d’artiste, une vraie sensibilité de metteur en scène. Il démontre que celle-ci n’était pas limitée aux prisons britanniques, et se montre même incroyablement à l’aise pour filmer New-York. Par son utilisation prolongée des silences, des décors, par son intelligence du cadre, il met tout son film au service d’un constat amer : la vacuité de la vie d’un yuppie qui semble aux premiers abords être celui qui répond le mieux aux critères de réussite actuels : belle gueule, bon job, des conquêtes à ne plus savoir qu’en faire. S’il n’est pas le premier à retrouver cette vacuité sous le vernis de la réussite moderne, Steve McQueen a une manière assez unique et particulièrement crue de nous plonger tout entier à l’intérieur. Ne pas seulement l’observer, la vivre. Cette amertume et cette vacuité sont le corps de Shame, ses lignes directrices. D’où un faux rythme nonchalant, de scènes parfois longues, souvent décalées comme ce « date » au restaurant froid, vide, désincarné.

 

Seule l’arrivée de la sœur à fleur de peau semble pouvoir changer ce train-train, y apporter du désordre, du chaos. L’obsédé cherche un semblant de normalité, ne supportant plus le regard de sa sœur sur sa vie, ou plutôt sur son manque de vie. La chute semble alors inexorable, et le film rend crédible et palpable cette déchéance. Grace soit rendue à Michael Fassbender et Carrey Mullligan, exceptionnels tous les deux, en particulier dans leurs face à face emplis de colère et de rage. Le constat de Setve McQueen est implacable : cet homme perdu dans les labyrinthes du sexe, dans les dédales de son travail et des boites de nuit n'est pas un extra-terreste ni un dangeureux sociopathe. Cela pourrait être votre voisin, cela pourrrait être vous. Une vision lucide, forte, et d'une tristesse infinie, servie par toute la puissance de la mise en scène.

 

Plastiquement, le film est une vraie merveille. On se souviendra par exemple longtemps de ce travelling au rythme d’un footing improvisé sur un morceau de Bach. Ou encore de ces échanges de regards dans un métro new-yorkais où pas une parole ne sera échangée, mais, grâce à la caméra magique de Steve MCQueen, tout sera dit. 

 

 


 

 

 

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Published by DH84
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