Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 06:34

EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif

 

19956005.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20111227_041620.jpg

 

Le rayonnant Québec. Fils d'un boucher immigré polonais, chargé des livraisons et bon à rien notoire, David Wozniack avait dans une vie passée une manière peu orthodoxe d'arrondir ses fins de mois : le don de sperme. Pas spécialement glorieux, mais plutôt lucratif, et complètement anonyme, puisqu'il honorait les réceptacles en plastique sous le pseudonyme de Starbuck.  Jusqu'au jour où la clinique l'informe que, grâce à la grande qualité de sa semence, il est le géniteur biologique de plus de 500 enfants, dont près de 150 ont demandé à le rencontrer. Et iront même jusqu'à intenter un procès à la clinique.

 

C'est ce qu'on appelle un bon pitch. En tordant les affres de la vie moderne et ses bizarreries, les auteurs réussissent la performance de doter un authentique loser d'une progéniture aussi pléthorique qu'ingérable. Surtout quand ces "enfants" se rassemblement en class-action pour exiger de leur père biologique une levée d'anonymat. Embarrassé, paniqué, ne pouvant en parler à personne, notre héros ne sait plus où se mettre, et on peut le comprendre. Parti de là, le scénariste a eu la bonne idée de ne pas se contenter de gérer cette cocasse situation de départ, mais d'en faire quelque chose.

 

Sympa. C'est le mot le plus évident pour désigner l'agréable comédie qui va alors suivre. Obsédé par cette nouvelle famille imposée, David craque et part à la recherche de certains d'entre eux, pour devenir rapidement leur ange gardien. Certaines situations sont plutôt convenues, mais la modestie et la bonne humeur du film lui permet alors de passer bien des obstacles, y compris quand il s'aventure sur des sujets particulièrement casse-gueules comme le handicap ou la toxicomanie.

 

Sans en dire trop, c'est aussi là que le film trouve aussi son rythme de croisière, dans le regard d'un homme que tout le monde (y compris lui-même) considère comme un bon à rien, et qui ne sait pas gérer cette subite et massive demande de reconnaissance et d'affection. David est méprisé, roulé, ignoré. Starbuck est adulé, recherché mais aussi moqué et jugé. En se rapprochant de certains de ces enfants, il tente patiemment de créer des ponts entre ses deux identités. C'est là que la grande carcasse de l'acteur Patrick Huard fait merveille, en incarnant avec beaucoup de finesse ce perdant au bout du rouleau, mais qui veut absolument "pour une fois, faire le bon choix".

 

C'est assez drôle, souvent émouvant, peu vraisemblable et d'une grande innocence. Et comme dans toute comédie réussie qui se respecte, doté de dialogues qui fusent (bien aidés par l'habituelle verve du vocabulaire québécois), et bien sur de doté de seconds rôles loufoques tout à fait réussis. Avec la palme pour cet impayable meilleur ami - avocat, aussi drôle dans ses plaidoiries ratées que dans ses sermons sur les bienfaits de la vie familiale.

 

Bien sur, tout cela baigne dans un océan de bons sentiments et dans une invraisemblance généralisée. De quoi faire grincer des dents beaucoup de grincheux, mais probablement de quoi donner à beaucoup de monde deux heures de détente efficace et tendre, avec sympathique petite comédie reposante, sans prétention, mais vraiment agréable.

Soit, puisque l'on parle d'enfants et de parentalité, l'exacte opposé de l'abomination en provenance de Los Angeles échouée dans nos salles la semaine dernière. Comparaison n'est pas raison, mais là, l'écart de talent est suffisamment impressionnant pour être mentionné entre l'artisanat de la belle Province et la photocopieuse usagée américaine. 

 




 


 Page Facebook

Compte twitter      

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires