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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 07:38

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Tele-Gaucho-5-Felix-Moati-Eric-Elmosnino-et-Maiwenn-copyrig

 

 

 

Rebondir après un succès venu de nulle part n'est jamais très facile. On se passerait volontiers de ressortir ce lieu commun à toutes les sauces cinématographiques, si les auteurs ne mettaient pas autant d'entrain à l'illustrer.

Il y a deux ans, Michel Leclerc réussissait un joli petit succès avec "Le nom des gens", très agréable histoire d'amour gauchiste pleine de charme, qui était repartie avec deux césars dont celui de la meilleure actrice pour Sara Forestier. Comme tout auteur qui se respecte, Michel Leclerc a décidé de garder les grandes lignes de son univers pour passer à la vitesse supérieure, avec donc toujours la gauche, le combat politique, l'amour, un ton farfelu, de grands coups de gueule. Mais cette fois, il ne se concentre plus seulement sur un couple, mais sur un univers, celui d'une télé libre parisienne.

 

Bienvenue dans un univers de vrais gauchos, avec leur sympathie évidente, leurs combats nobles, leurs idéaux ancrés et évidemment leurs tonnes de contractions. Tout en gardant un ton résolument léger, Michel Leclerc réussit au moins à garder un équilibre tout à fait louable, sans idéaliser ni enfoncer cette joyeuse de bandes de révoltés, dont on se demande parfois si quelqu'un regarde leurs émissions à part eux mêmes.

Mais pour le reste, il ne sait manifestement pas où il veut emmener son film, ni sous quel angle raconter l'histoire de télé gaucho. En choisissant comme narrateur un p'tit jeune qui découvre le milieu (façon "Presque Célèbre"), il ne se concentre pas sur la partie la plus intéressante, en particulier pendant les longues parenthèses de son stage dans la grosse télé capitaliste méchante et sa vilaine présentatrice (arrête la chirurgie Emmanuelle, ça va plus du tout). Michel Leclerc a d'ailleurs avoué avoir choisi ce braqué en cours de film... Ca se sent.


Reste donc le local de télé gaucho, un univers décalé rempli de rêveurs et d'idéalistes. Là aussi, on aurait voulu aimer, vibrer, rigoler avec eux, mais le film n'offre jamais de grand délire, de rythme, de scène marquante, et se contente de s'arrêter avec beaucoup de nostalgie sur une époque moins cynique, qui laissait un peu de place à de joyeux hurluberlus dans ce style. Mêmes les reportages, les virées à l'extérieur, les coups de force ne font jamais vibrer et se laissent regarder avec un ennui poli.


Malgré l'arrivée fracassante d'une Sara Forestier au top de sa forme (mais dont on commence à craindre le petit numéro qui ne change pas beaucoup), Télé gaucho souffre d'une manque de densité qui conduit toutes les bonnes intentions de départ à se diluer progressivement. Reste pour faire le spectacle, des acteurs dans le ton, dont le merveilleux Eric Elmosnino qui semble être né pour diriger une télé libre, et Maiwenn étonnamment juste, qui devrait plus souvent se faire filmer par quelqu'un d'autre qu'elle même.

 

Tout s'explique au générique qui avoue s'être insipré d'une histoire vraie. Coincé dans ses souvenirs, sa nostalgie et sa contemplation, Michel Leclerc a tenté de lancer un grand cri d'amour à des personnes et à une époque, sans vouloir briser une mémoire qui semble beaucoup compter pour lui. Il en a parfois oublié de faire un film qui se tient. Et savoir filmer le bordel n'est manifestement pas donné à tout le monde.

Dommage, Télé Gaucho rentre ainsi dans la catégorie des films un peu ratés, qu'on aurait tant voulu voir réussis.

 


 



 

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Published by DH84
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