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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 07:56

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Sacha Baron Cohen occupe désormais une place à part sur la scène cinématographique de la comédie. Amuseur public, gentil trouble fête, il a pris l'habitude de faire précéder ses films d'une intense campagne de promo où il incarne ses propres personnages en interviews. Et le fait qu'il joue aussi chez de grands réalisateurs "sérieux" (Tim Burton, et récemment Martin Scorsese dans le merveilleux Hugo Cabret) n'a en rien troublé son désir naturel de mettre la pagaille partout où il passe, que ce soit aux oscars,  jusqu'aux élections présidentielles françaises.

Mais passé la tempête promotionnelle, que vaut le film en lui-même ? Et bien c'est une (presque) surprise, car il est très bon. Avec en particulier une première heure de comédie déchaînée, porteuse des plus grands fous rires pris dans une salle depuis très longtemps.

 

Comme l'on pouvait s'y attendre, tout y passe. En mettant ses pas dans ceux des plus grands dictateurs/clowns de la planète (avec Kadhafi et Ahmadinejad  comme modèles déclarés), il joue à fond sur la tendance naturelle de ces dangereux gugusses à se donner en spectacle, nous offrant un sport publicitaire parodique pour les dictatures assez irrésistible dans les dix premières minutes. C'est tordant, d'autant plus que ce n'est pas si loin de la réalité, quand l'on se rappelle du Barnum géant que le colonel libyen avait emmené dans ses bagages lors de son mémorable voyage Parisien.

 

Mais là où le film surprend (dans le bon sens), c'est qu'il sort rapidement de la série de sketchs maison pour lâcher le personnage devenu un anonyme dans les rues de Brooklyn. Plutôt que de jouer la facilité en enchainant les blagues dans son palais, Son Excellence va donc devoir regagner sa couronne en mettant au pas une bande de prolétaires multiculturels qui ne partage pas vraiment ses vues sur les droits de l'homme. Contrairement à Borat ou à son précédent film Brüno, notre guignol en chef a choisi de ne pas filmer en caméra cachée avec de "vrais gens" outrés, mais de suivre un scénario. Et c'est tant mieux.

Confronté aux bobos écologistes new-yorkais, l'ex -dictateur va se déchaîner, s'en prenant à tout ce qu'il peut croiser sur sa route, des féministes aux enfants en passant par les handicapés, personnes âgées, n'oubliant pas d'égratigner aux passage tout ce que les Etats-Unis comptent d'acteurs et de politiciens has-been. Il faut voir le carnage que notre nouveau manager va amorcer dans la paisible épicerie équitable où il atterrit, martyrisant les employés et insultant les clients...

Une vraie tornade, aux dialogues hilarants, avec un sens du gag à  faire pâlir d'envie les nombreuses comédies américaines photocopiées qui peinaient récemment à nous arracher un sourire. Et si le côté politiquement incorrect est désormais attendu, il est toujours aussi percutant car le fait de s'inscrire dans un film écrit plutôt que dans un faux documentaire lui permet de trouver un rythme de comédie parfaitement adéquat, là où ces deux précédents opus souffraient beaucoup plus de grosses longueurs.

 

Alors passé cette première heure homérique, et alors que l'on peine à reprendre son  souffle entre un jet de poubelle, trois blagues racistes et un mémorable accouchement téléphonique, le film se doit de reboucler et ne tient pas tout à fait son niveau jusqu'aux dernières minutes.

Mais qu'importe. On a plus rit pendant une heure durant dans une salle de cinéma que pendant ces trois derniers mois réunis. Et là où certains semblent regretter que la forme soit plus conventionnelle et moins subversive qu'un Borat, beaucoup se contenteront de cette gigantesque blague, jamais fine, mais toujours drôle. Des dictateurs de ce calibre, on est prêt à voter pour eux ! 

 






 


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Published by DH84
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Dustin 25/07/2012 21:42

Apparemment, Sacha Baron Cohen a encore poussé la provocation à des niveaux olympiques dans Le Dictator. Personnellement, je ne l'ai pas encore vu, mais après avoir regardé Bruno... cela
m'étonnerait de voir pire!