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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 06:37

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"So what's the plan ?"

"Track him, find him, kill him"

 

Ca commence très bien. Dans un coin perdu du Népal (autant dire pour un Américain, la planète Mars), l'escouade de Sylvester Stallone mieux armée que toute l'armée américaine réunie débarque avec perte et fracas en démolissant tout sur son passage, flinguant les 4/5 de l'armée locale et sortant du pays en utilisant (pas toujours dans leur fonction première) tous les moyens de locomotion possibles allant de la moto au 35 tonnes en passant par l'hydravion et le jet-ski, sans oublier de délivrer un riche chinois au passage (oui, les nouveaux riches sont en Chine, c'est bien connu).  Après, on gare la Harley et on se retrouve autour d'une bonne bière entre potes pour se raconter les dernières blagues sur les copines respectives. Normal.

Heureusement que Bruce Willis est là pour les faire repartir au charbon, en l'occurrence en Europe de l'Est (autant dire pour un Américain, Pluton) pour retrouver quelques tonnes de plutonium égarés par mégarde par la décidemment par très pointilleuse administration communiste (paix à son âme).

 

Si le réjouissant premier épisode pouvait être pris au second degré, cette suite s'inscrirait plutôt au douzième. En rappelant encore davantage de ses vieux potes bourrins des eighties, Sylvester Stallone confirme son intention de ne surtout pas se prendre au sérieux et d'offrir à son public exactement ce qu'il était venu chercher, à savoir une sorte de film vintage sorti des cartons faisant parader avec bonheur anciennes et nouvelles gloires d'un genre tellement Z qu'il en deviendrait progressivement presque respectable.

En plus de sa joyeuse troupe d'assassins et de tueurs à gages, Papy Stallone raccroche donc Willis et Schwarzy dans de vrais rôles, et remonte encore le niveau intellectuel de l'ensemble en convoquant les deux prix Nobel que sont Chuck Norris et Jean-Claude Vandamme (Il ne manque vraiment plus que Vin Diesel et ses bagnoles). Loin d'être artificielle, la réunion se fait avec un naturel confondant, chacun des protagonistes étant resté scotché à l'âge de pierre du film d'action et se fondant logiquement dans le paysage. Chacune de leurs entrées est hautement théâtrale (celle de Chuck Norris est énormissime), ils se foutent ouvertement de la binette les uns des autres, se vannant allègrement et reprenant continuellement les citations de leurs principaux films respectifs, en appuyant correctement sur leurs accents autrichiens, suédois et belges pour relever l'exotisme de l'ensemble. Et comme les dialogues sont plutôt dans le ton, ça fonctionne de mieux en mieux au fur et à mesure que le film avance, après une petite baisse de régime initial.

 

Pour le reste, le menu concocté par nos docteurs en relations internationales comporte donc les plats prévus avec un certain nombre de massacres sanglants à souhait, la recherche de quelques tonnes de plutonium, un petit trauma et la découverte de charmantes bourgades bulgares et albanaises Ce n'est pas du Michael Mann, c'est sûr, ça ne rentrera pas au panthéon du genre, mais cela reste diablement efficace, sans pour autant verser dans le boum-boum permanent, on a même le temps de découvrir une vraie vocation de moine chez Jason Staham, ou encore les talents discutables de chimiste de Dolph Lundgren. Les scènes d'action sont plutôt lisibles et souvent drôles, le faiseur-bourrin Simon West engagé pour l'occasion s'acquittant honnêtement de sa principale tâche : filmer les corps étrangers qui volent dans tous les sens autour de nos héros qui déchargent leurs armes sur les diverses populations locales.

 

Et puis là où le film est malin, c'est qu'il garde le meilleur pour la fin. Si on arrête de vite de compter les morts par balle, c'est bien dans la dernière partie que le réalisateur sort de sa poche LA grande scène d'explication, dans un chouette aéroport qui devra revoir sa politique en matière de sécurité. Tout ça pour finir de s'expliquer entre hommes à mains nues, et régler quelques comptes en suspens depuis la première bobine.

 

Cet Expendables 2 procure donc l'effet euphorisant d'une bonne vieille soirée avec ses vieux potes de lycée (les deux millions de morts en plus). Ce n'est jamais de la grande poésie, mais l'intense plaisir régressif que procure la vision d'une telle accumulation de bêtise sur pattes va au delà du plaisir coupable. Et nous émouvrait presque quand on voit nos vieux potes trinquer allègrement dans l'avion du retour après avoir une fois de plus sauvé l'Amérique. Enfin, le Monde.  

 








 


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Published by DH84
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