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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 07:20

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Décembre 2004, un tsunami ravage des côtes d'Asie du Sud-Est en pleine saison touristique...Un film catastrophe ne peut être anodin quand il est centré sur un des plus grands désastres de ce début de siècle, avec un recul temporel aussi faible. Le concept de cette grosse production hispano-américaine peut donc laisser perplexe, même si au vu du succès considérable de l'autre côté des Pyrénées, certains producteurs ont manifestement eu le nez creux. Par les bizarreries de production, c'est donc un espoir de cinéma espagnol qui se retrouve propulsé aux commandes d'une grosse machine agrémentée d'un casting hollywoodien chic, comme dans n'importe quel film catastrophe des années 80.

 

Mais cette catastrophe a été réelle, et l'histoire est vraie, ce qu'on nous surligne dès les premières images du film comme pour mieux nous imposer (déjà) une émotion avant que tout commence. On attendra peu de temps avant que la vague ne vienne frapper l'hotel de la petite famille avec une violence incommensurable. Que ce soit l'ouverture du film ou  le tsunami, on ne peut que reconnaître au réalisateur Juan Antonio Bayona un talent certain pour les images et le montage sonore, pour orchestrer des scènes saisissantes, pour faire exister le chaos et la violence.

 

Et quand la vague se retire et commence l'errance dans un désert de désolation pour une mère et son fils, on pourrait même croire qu'un vrai film va commencer. Cet ambiance post-apocalyptique est saisissante, terrifiante, étrangement poétique. Mais l'espoir est de courte durée. Car la grosse heure restante ne sera rien d'autre qu'un interminable tire-larmes, porté par le calvaire de Sainte Naomi Watts qui fait tous les efforts possibles pour s'infliger toutes les scarifications imaginables, sous le regard gêné ou dégouté d'une salle qui a tendance à se vider un peu plus chaque fois qu'elle perd un litre de sang.  Obnubilé par la souffrance et la peur de ses personnages, le réalisateur en oublie sa narration et son montage, et se contente de répéter en boucle des gimicks de mise en scène (ah, le zoom arrière surplombant en musique , une bonne dizaine de fois...) jusqu'à une conclusion qui s'étire en longueur.


Et puis malgré tout, il y a quelque chose d'obscène de ne vivre une telle catastrophe que sous le scope des touristes occidentaux friqués. Cette manière de se concentrer sur la souffrance des visiteurs meurtris, et de se servir des autochtones comme tapisserie n'est pas supportable.

Et malgré les citernes de bons sentiments déversés par hélicoptère sur la Thaïlande meurtrie, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a décidemment des choses qui ne changent pas à Hollywood quand il s'agit de porter un regard universel  : les occidentaux dans l'avion médicalisé et les indigènes dans une tente improvisée. On ne se refait pas...  


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Published by DH84
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