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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 08:05

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Dans la série "Hollywod n'a plus aucune imagination", Coumbia Pictures réussit un grand chelem cette année en terminant l'été par ce remake, après nous avoir infligé un reboot (Spiderman), une suite inutile (Men in Black 3) et une adaptation de série TV (21 Jump Street). L'heure est donc plus que jamais à la créativité débridée avec cette relecture d'un très grand film de science fiction par le très mal nommé Len Wiseman.

Adapté du très prolifique Philip K.Dick, le film original était un véritable bijou de science-fiction violente et paranoïaque, à la grande époque de Paul Verhoeven. Malheureusement, si les adaptations du grand manitou de la SF ont donné de grandes choses entre les mains de vrais artisans (Blade Runner et Minority Report pour ne citer qu'eux), on sait aussi que cette œuvre complexe peut donner lieux à d'authentiques naufrages quant ils sont confiés à des réalisateurs moins doués. Ceux qui ont subi Next ou encore la (bien involontairement) comique Agence sont sensibilisés au problème..

 

Pas de miracle donc à attendre d'une "relecture" de l'histoire de cet homme qui se réveille un jour en se rendant compte qu'il n'est pas celui qu'il croit, et qu'il est traqué par un certains nombre de personnes plutôt mal intentionnées. La course poursuite s'engage alors dans un univers futuriste. Un univers qui a été construit avec une profusion de moyens assez spectaculaire au vu de l'entreprise. A grands coups de pinceaux digitaux, l'équipe artistique inonde l'écran de décors numériques assez saisissants, à défaut d'être beaux, ou simplement au service du film. D'où une première heure sans surprise (en particulier quand on connaît l'original) mais qui se tient vaguement par l'utilisation systématique de cet univers poisseux et futuriste comme terrain de jeux. Plutôt que la mise en abime et le suspens, Wiseman choisit l'action pure et trimballe le pauvre Colin Farell tambour battant dans tous les coins de ce monde artificiel, avec force cascades, trahisons et fusillades.

 

Mais le procédé devient vite lassant, à force d'invraisemblances, de répétitions et d'interprétation hasardeuse. Si l'on est prêt à pardonner au metteur en scène d'avoir engagé sa femme pour (mal) jouer la méchante (ça doit pas être facile tous les jours à la maison...), on a plus de mal avec une Jessica Biel plus transparente que jamais, et l'on est rapidement gêné par le fait que les robots policiers dernier cri manquent systématiquement leur cible alors que la première balle perdue les fait exploser en vol. D'autant qu'on se rend compte que l'univers créé, si il a du coûter très cher, ne fait que pomper honteusement tout ce qui s'est déjà fait dans la science-fiction, en particulier les adaptations de Philip K.Dick.

La pluie de Blade Runner, les voitures de Minority Report, la ralentis de Matrix, les figurines d'I-Robot, et même parfois les droïdes de Star Wars Episode 1...ce n'est plus un blockbuster estival, c'est un véritable musée de la contrefaçon, tout le monde ayant semblé croire que les spectateurs aussi avaient eu le droit à un lavage de cerveau avant de rentrer dans la salle. 

 

Et de fil en aiguille, ce film assez moyen devient progressivement un melting pot très indigeste d'action filmée un peu n'importe comment, qui tente de masquer la grande vacuité du propos par un rythme effréné assez artificiel. Oubliez les voyages sur Mars, les corps mutilés et l'inventivité visuelle, on est surtout ici pour tirer des coups de fusil dans tous les sens, faire joujou avec des bizarreries technologiques déjà passées de mode, et tenter de donner à chacun sa dose d'adrénaline dans cette grosse capsule qui traverse le centre de la terre en 15 minutes. (mais qui explose sous l'effet de quatre petites grenades, faut vraiment arrêter de confier à des stagiaires les notes de calcul des coefficients de résistance des matériaux). 

 

En bref, un exposé assez pathétique de la dérive interminable du blockbuster américain vers l'uniformité et la facilité. Une fois encore, on ne peut qu'espérer que la belle gamelle de ce triste remake au box office US fasse réfléchir un peu des producteurs et des distributeurs décidemment peu inspirés... on peut toujours rêver.

 

 







 


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Published by DH84
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