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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 08:05

EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif

 

Going-the-Distance-Movie.jpg

 

La comédie américaine n’est pas en forme olympique. Pas facile de se renouveler quand on a fait, refait, re-re-fait et finalement recyclé tous les sujets possibles depuis des années. C’est encore plus compliqué pour les comédies romantiques,  pour lesquelles la photocopie couleur tient lieu de mode de création.  On peut reconnaître à celle-ci une tentative de se démarquer en s’aventurant sur un terrain pas encore trop défriché, quoique pas vraiment original : les relations à distance. A moins d’avoir passé les vingt dernières années de votre vie sur la planète Mars, vous avez probablement connu pour vous ou votre entourage une situation de ce type avec son cortège de questions et surtout d’emmerdes…


Garett est mignon, sympa, a des potes rigolos et un job cool mais fait fuir ses copines, excédées par ses hésitations sur l’engagement. Erin est mignonne, sympa, a une sœur tarée et un job cool. Chabadabaa… Mais elle doit repartir vivre à San Francisco et lui reste à New York. Ils optent pour la relation exclusive à distance, sachant que leurs petits budgets respectifs ne leur permettront pas de se voir souvent. Au début, tout va bien…


Cette comédie est en fait à l’image d’une vision pessimiste de ce qu’est l’histoire d’un couple : curieuse au début, puis marrante, légère, agréable pour évoluer petit à petit vers quelque chose de lent, mou, prévisible et au final terriblement ennuyeux. Il est amusant de constater comme le film colle à son histoire : sans être renversants, la rencontre et les premiers jours sont pleins de charme et de plaisir, en particulier grâce à Drew Barrymore et Justin Long qui s’amusent beaucoup à jouer les ados amoureux. Quelques gags sont vraiment réussis, grâce au renfort d’un chapelet efficace de seconds rôles, du colocataire sérieusement givré à la belle sœur hystérique en passant par les potes gentiment machos. Un couple plein de charme et des seconds rôles décalés pour passer les plats : tout cela n’est pas follement original mais c’est efficace et plutôt réussi. Au début…


Car à l’image d’un couple qui évolue mal, le film va ralentir, se poser des questions existentielles et tenter de remplir son contrat : faire un film sur l’éloignement, qui va s’avérer beaucoup moins réussi. Il faut dire qu’on n’aimerait pas être à la place du scénariste qui a été sommé de trouver des gags et de l’humour dans le principe de la relation à distance. Une fois passé l’inévitable séance de sexe par téléphone et les très (très) attendues scènes de jalousies croisées (oh ! la belle assistante pas très farouche, hoho ! le collègue australien sensible-drôle-beau-comme-un-dieu…), le film tourne à vide pendant un certain temps et manque terriblement de rythme. Le coup du conflit amour/travail est tellement évident, et son déroulement tellement prévisible, qu’on s’assoupit tranquillement en attendant le happy-end qui ne manquera pas de pointer son nez dans les cinq dernières minutes après la traditionnelle séance de dépression/violons/ralentis/plans larges sur Brooklyn Bridge et le Golden Gate.


La conclusion de tout cela : c’est quand même beaucoup mieux quand on peut vivre dans la même ville quand on est amoureux. A la fois pour avoir une relation équilibrée, et aussi pour ne pas emmerder tout le monde avec ses histoires sans fin de problèmes de relations à distance. Quand un sujet est déjà rarement passionnant pour ses amis, il ne faut pas se sentir obligé d’en faire un film…

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Published by DH84
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