
Le premier film (Fascination) avait été une double réussite : en terme de dollars ramassés, évidemment mais aussi parce qu’il s’agissait d’un chouette petit film indépendant, original et sans prétention, recyclant avec un certain talent les codes du lycée américain et le monde des vampires. Mais comme on pouvait le craindre, devant l’ampleur du succès, les producteurs ont décidé de sortir la grosse bertha pour la suite. Exit la brillante réalisatrice indé, on embauche un faiseur sans personnalité pour emballer tout ça bien proprement. Terminé les vampires discrets et inquiétants, place à la famille royale des vampires fringués par Karl Lagerfeld et maquillés au pistolet à peinture. Dehors les personnages secondaires modestes et réussis, on recentre tout sur un triangle amoureux qui va faire vibrer de l’adolescente prépubère à la tonne. Et c’est parti.
Après avoir failli être mordue une nouvelle fois, Bella voit Edward la quitter et tombe dans une profonde dépression. Malgré les efforts de son ami Jacob, elle ne se remet pas de cette rupture. Pourtant, l’heure st grave : certains vampires trainent toujours dans les environs et des morts sont retrouvés dans les bois.
On pouvait craindre un gros blockbuster sans âme, mais au moins un peu marrant, rythmé et bien foutu. Ce n’est même pas le cas. Je ne sais pas si le bouquin est aussi faible, mais l’histoire racontée est d’une pauvreté à pleurer : il ne se passe vraiment rien pendant la première heure, à part des pleurs à répétition, des déprimes amoureuses pénibles et des apparitions de fantômes ridicules en plus d’être sérieusement mal foutues. Un film de vampires ? Non une adaptation plan-plan d’un roman Harlequin avec deux beaux gosses bodybuildés et une ado paumée. C’est dire si on s’emmerde sec.
Et quand enfin l’action s’emballe un peu, c’est le réalisateur qui prend le relais dans la nullité en passant complètement au travers des scènes en Italie, sensées être le cœur de l’action, et qui sont torchées en dix minutes au moyen de moult ralentis, de projections dans les airs et de destruction de décors en carton pâte. Si le malheureux Chris Weitz a découvert Matrix en DVD la semaine dernière, nous, on l’a vu il y a dix ans, merci. Sans être particulièrement réussie, la partie avec les loups garous est probablement ce qu’il y a de moins raté, même si là encore, les effets spéciaux sont assez limites.Dans un vide intersidéral de ce niveau, faire exister des personnages relève de l’impossible. Kristen Stewart est celle qui s’en sort le mieux, alors que Robert Pattinson est mauvais comme une chaussette, avec une seule expression faciale en stock (la moue déprimée avec fronçage de sourcil).
Bref, on s’ennuie souvent, on rigole de temps en temps (mais aux dépends du film), et on ressort avec une très désagréable impression de s’être fait avoir par une publicité mensongère. Un seul gros talent aura été mis à contribution dans cette entreprise : le responsable communication, qui aura réussi à vendre cette bouse dégoulinante comme un film d’action mystique et branché. La campagne de com était brillante, le film est moisi, le tiroir caisse est plein, bravo à lui.