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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 11:39

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« At some point, we're all gonna meet a tall dark stranger”

Woody Allen est de retour en Europe. Après une escapade chez lui, à New-York (le délicieux Wathever Works) et quelques infidélités catalanes (le caliente Vicky Christina Barcelona), et avant son prochain opus parisien,  c’est en Angleterre que le cinéaste est allé cherché une inspiration qui lui avait donné il a quelques années un de ses meilleurs films (le sublime Match Point). Il est rare d’observer un réalisateur qui marque à ce point ses films de sa patte et de sa personnalité. On ne va pas voir un film, on va voir « le dernier Woody Allen », et cela malgré la pléiade de stars qu’il a pris l’habitude de convoquer à chaque fois. C’est aussi pour cela qu’on scrute de près les évolutions du cinéaste et que l’on se sent obligé de comparer chacune de ses livraisons avec els précédentes. Et parfois, ce n’est pas à son avantage…

Afin d’obtenir un modèle plus récent, Alfie a quitté sa femme, qui cherche désespérément son salut dans les sciences occultes. Elle devient aussi un vrai fardeau pour sa fille, qui a déjà suffisamment de mal à gérer son attirance grandissante pour son patron, et ses conflits ménagers avec son mari, écrivain raté qui passe un peu trop de temps à regarder par la fenêtre sa charmante voisine, qui va se marier dans quelques semaines.

 

Le hasard, les impostures, les doutes, les aléas de la vie, l’amour tragique : le cadre change mais les thèmes et le style restent. Film Choral, You will meet a tall dark stranger est une vraie comédie noire qui a l’ambition à la fois d’examiner à la loupe des destins individuels, mais aussi et de les croiser et les entrechoquer dans un récit global, visiblement drôle, mais au final bien pessimiste.  Malheureusement, l’alchimie d’un tel mélange est très compliquée à obtenir, et ce coup-ci, ça ne prend plus. Assez théâtral, le film consiste en une succession de scénettes, qui sont au choix amusantes ou passionnantes, mais le réalisateur ne parvient pas à créer une cohérence et une vue d’ensemble. C’est d’autant plus décevant quand on sait à quel point cela a pu fonctionner dans d’autres films du maître. On a aussi connu le réalisateur plus fin, plus incisif et plus inspiré dans ses coups de théâtre. Et si les dialogues sont merveilleusement bien écrits, le scénario tombe parfois dans une facilité un peu grossière.

 

Ce qui n’empêche pas le réalisateur de sauver les apparences car un Woody Allen moyen reste très un film au dessus de la moyenne, ne serait-ce que par les moments de pure grâce où le spectateur a l’impression de flotter en l’air. Le film parvient ainsi à transformer des scènes déjà vues cent fois en vrais moments de poésie : c’est une employée qui drague son patron, c’est un papy qui succombe au charme d’une jeune actrice, c’est un quarantenaire qui se détourne de sa femme, c’est une jeune femme qui doute à une semaine de son mariage. Ailleurs, ce serait du déjà-vu, voir du rabâché. Ici, c’est fin, léger et même parfois poignant. Et quand la fatalité finit par rejoindre la plupart des personnages, on retrouve même par intermittence cette ironie mordante et sarcastique que l’on aime tant.

Derrière la déception, il faut reconnaitre qu’une succession de beaux moments fait passer une agréable soirée. Mais que cela ne fait pas un grand film. 

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Published by DH84
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