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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 07:43

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ARTICLE POSTE SUR LEPLUS

 

Le cinéma de Jason Reitman a souvent célébré des existences vides. Que ce soit celle de ce lobbyiste solitaire dans Thank you for smoking, de cette ado enceinte dans Juno ou encore de ce dégraisseur dans In The Air. L’angle peut paraître étonnant, mais il sert parfaitement le ton si particulier de son auteur, toujours à la frontière entre le drame et la comédie douce amère. A chaque long métrage, on rencontre donc un de ces grands solitaires à un moment charnière de leur vie, pour mieux se laisser entraîner doucement dans un événement qui ne va pas forcément bouleverser leur existence, mais qui va les obliger à regarder en face le chemin parcouru.  A combattre cette vacuité et à accepter l’importance des autres.

 

Et c’est ici aux basques de Charlize Theron que l’on s’accroche. Depuis son appartement de Minneapolis, et en pleine de déprime alcoolique, l’ex prom queen repart sur un coup de tête dans le petit bled de son adolescence pour y retrouver l’homme de sa vie… à la grande surprise de ses anciens camarades de classe qui avaient gardé d’elle l’image d’une auteur à succès et qui voient débarquer une espèce de zombie imbibée et pas toujours très cohérente. Une zombie qui semble toujours particulièrement douée pour se faire détester de tous en quatrième vitesse, puisque seul son ancien amour l’intéresse. Même si celui-ci est marié et vient d’avoir une petite fille…Certainement pas de quoi effrayer notre championne qui fonce dans le tas avec la légèreté d’un régiment de Panzer, et la classe d’une candidate de télé réalité des Alpes maritimes (maquillage compris)

 

Le bon côté de la filmo de Jason Reitman, c’est qu’elle nous permet de visiter des coins des Etats-Unis que l’on ne connaît pas. Après nous avoir trainé aux côtés de George Clooney dans les aéroports les plus pourris du Midwest, c’est cette fois en plein cœur du Minnesota que le réalisateur et sa complice Diablo Cody posent leurs bagages, dans un Etat qui n’est pas lu plus sexy du pays, même si il héberge Prince et Kevin Love. Comme d’habitude, le cadre est typique, gris déprimant. Formé de grandes surfaces imposantes, de fast-foods à perte de vue, de petits bars miteux et de baraques un peu trop proprettes. Un décor au diapason de ce qu’est le film : une ode à la nostalgie, au passé, presque parfois au déni. Car si le parcours du combattant de Charlize Theron semble perdu d’avance, elle semble y croire dur comme fer, un peu trop perdue dans les livres d’ados (ces young adults) sirupeux qu’elle écrit, comme si l’amour devait triompher de tout, même de la réalité. Le rêve américain passé à la moulinette du temps qui passe : 20 ans après le prom, il ne reste plus grand-chose de cette jeunesse triomphante, à part quelques photos accrochées au mur. 

 

On doit reconnaître à Jason Reitman de ne pas surfer sur des thèmes particulièrement porteurs et faciles à vendre. C’est une des qualités évidentes de ses films : on a pas l’impression de les avoir vus dix fois, ce ton doux amer est décidemment inimitable, y compris quand il s’aventure vers la gêne, la honte, et même la tristesse la plus pure. Surtout quand il est porté par une star comme Charlize Theron qui est formidable dans son rôle de paumée un peu dépressive et toujours insupportable.

Tout en reconnaissant que le film est intéressant, on pourra aussi être un peu déçu par le manque de mordant de l’ensemble, qui ne retrouve ni la fraicheur de Juno, ni l’ironie insolente de In The Air, ni le ton politiquement incorrect de Thank you for smoking. Un train de sénateur que l’on retrouve dans des seconds rôles un peu facile et bien peu marquants, en particulier l’inévitable nouveau meilleur ami asexué.


Un film qui ronronne donc, pas de manière désagréable, mais sans faire d’étincelles non plus. Que ceux qui ne connaissant pas le cinéma de Jason Reitman n’hésitent pas à le découvrir en commençant plutôt par Juno, aussi décalé, mais tellement plus drôle et plus emballant !  


 

 

 


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Published by DH84
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commentaires

Un_auteur_realisateur 06/04/2012 19:33

Au lieu de vanter "le cinéma de Jason Reitman", tu ferais mieux de t'intéresser au "cinéma de Diablo Cody". Quand tu parles des thèmes qui lui sont soi disant chers, des existences vides, etc ; tu
oublies que Jason Reitman (sauf le respect que j'ai pour son savoir faire), n'a fait que mettre en scène. Il n'a pas imaginé l'histoire de son film, il n'a pas écrit une ligne. Son travail a
consisté à adapter en images un scénario (avec ses personnages, sa trame, son ambiance déjà pré établis). D'accord, il y a mis "sa patte" ; mais en tournant ta critique de cette façon, tu commets
la même erreur que la plupart des critiques en prenant le metteur en scène du film pour le scénariste du film.

Ta phrase "c’est cette fois en plein cœur du Minnesota que le réalisateur et sa complice Diablo Cody posent leurs bagages" me hérisse le poil. Ce n'est pas Jason Reitman qui a emmené Diablo Cody
dans ses bagages, c'est cette auteur qui a bien voulu accepter que ce réalisateur mette son histoire en scène. Et si tu vois une cohérence filmographique entre Juno et Young Adult, c'est simplement
que la même scénariste se cache derrière. Et que c'est elle, la vraie auteur obsédée par certains thèmes.

N'y vois aucune agression, juste la réaction d'un auteur-réalisateur qui connait très bien les différences et les difficultés de chacun de ces deux métiers ; dont l'un est dans la lumière et
l'autre dans l'ombre.

DH84 06/04/2012 19:43



Chouette, ça faisait longtemps que je m'étais pas fait engueuler...


Je n'aurai pas la prétention de tracer la ligne exacte entre le travail d'une scénariste et celui d'un réalisateur...Mais il
est assez clair que la filmo de Reitman garde une très grande cohérence, avec ou sans Diablo Cody. Je trouve justement que le scénario de ce film là n'est pas son plus grand avantage,
contrairement par exemple à Juno, qui se tenait mieux justement parce que scénarios et dialogues étaient plus consistants. Je ne sais pas qui est aller chercher qui ou qui a apporté le sujet à
qui, et ça m'intéresse pas des masses.


Si on doit parler de films extrêmement marqués par leurs scénaristes, je pencherai plutôt vers les Sorkin, dont le dernier
MoneyBall