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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 07:13
Blue Jasmine

 

Woody, de retour à la maison ?

Un peu, mais pas complètement. Car si le new-yorkais nous offre quelques scènes dans SA ville, c'est à San Francisco, la plus européenne des villes américaine, que se déroule la plus grande partie de l'action, dans un tourbillon de cynisme et même de cruauté que l'on avait plus revu chez lui depuis match Point, première étape de sa tournée outre-Atlantique.  Une manière de boucler la boucle pour un auteur qui continue à enchaîner les grands films avec une régularité stupéfiante.

 

Elle s'appelle Jeannette mais elle a changé son nom en Jasmine. On la rencontre dans un avion pour San Francisco où, déjà, elle ne semble pas pouvoir s'arrêter de parler. De parler d'elle, principalement, de ses goûts, de ses expériences, de sa vie. Un petit monde autocentré qui envahit rapidement son entourage proche, à commencer par sa sœur qui l'héberge chez elle alors que les banquiers et l'état ont tout pris à Jasmine. Car cette femme du monde était, honte suprême, mariée à un banquier escroc qui a trompé son monde pendant des années.

 

Il y a comme toujours chez Woody Allen des riches et des pauvres, des gentils et des cyniques, des calmes et des excités. Il y a comme toujours ses longs dialogues acérés et cette incroyable cruauté ambiante. Qui d'autre pourrait faire d'un personnage aussi épouvantable le centre d'un film ?

 

Egoïste, pénible, inconsciente, Jasmine fait le vide autour d'elle à force de mensonges, de mauvais choix et d'ignorance. C'est une chute lente, tranquille, qui bascule parfois vers la folie. C'est une chute qui commence dans le burlesque, pour devenir de plus en plus noire et incertaine. C'est une chute qui lui permet de rentrer en collision, avec son patron de dentiste, avec un beau parti ensuite, avec son futur beau-frère aussi. Autant de merveilleux seconds rôles, qui rentrent en résonnance avec une incroyable Cate Blanchett, bluffante de naturel et de spontanéité dans un rôle pourtant si étriqué au départ.

 

En intercalant parfaitement des flashbacks rapides dans cette histoire, Woody Allen ne cesse de renvoyer un miroir déformant vers une vie passée si merveilleuse qui n'était en fait qu'un grand mensonge. Une vie que Jasmine ne semble pourtant jamais vouloir lâcher. Elle parle, elle parle. Et quand plus personne le l'écoute, elle s'imagine encore dans sa vie d'avant, à parler encore et encore.

Un banc, une passante, un monologue : une des scènes finales les plus glaçantes de l'année.

 

 

 

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Published by DH84
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