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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 08:29
Gatsby le magnifique

  

 

Ce "Gatsby", qui a lancé le festival de Cannes sous la pluie, risque de ne pas forcément soulever les foules. Car quelques années après avoir brillamment revisité Paris et le Moulin Rouge, le plus kitch des réalisateurs australiens semble parfois s'être  complètement perdu dans les méandres du roman de Fitzgerald. 

 

Tout commence pourtant comme prévu.  New York en 1922, la folie, les couleurs, l'Amérique d'entre eux guerres déjà triomphante,  vue par l'étroit scope de sa mégalopole déjà la plus délirante. Sous le regard de ce jeune homme émerveillé,  la vie ne semble être qu'une immense promesse et un grand mystère. Comme ce Gatsby, richissime et secret gentleman qui enivre toute la ville avec ses soirées fantastiques et sa classe irradiante. La vie ne semble alors qu'être une suite de délices et une soirée sans fin dans des palais de rêve,  a peine troublés par la misère qui affleure lorsque les gentlemen huppés vont s'encanailler entre Manhattan et Long Island.

 

Et si il y a bien quelqu'un qui sait comment rendre une soirée inoubliable, c'est bien Barz Luhrmann. Dans un festival de couleurs, dans des décors hallucinant et avec une bande originale a tomber par terre, le réalisateur ne manque pas son entrée. Les premières minutes résonnent alors comme une promesse, celle d'un film dédié au mystère et au plaisir, à une ballade dans le temps suffisamment enivrante pour captiver,  et tant pis si il ne s' y passe pas grand choses tant l'ambiance est festive, et les images belles. On serait alors presque prêts a pardonner une 3D bien inutile (qu'on imagine volontiers poussée par la Warner pour arrondir les recettes d'un blockbuster d'auteur risqué,  qui a du coûter fort cher...)

 

Mais lorsque le film se focalise sur l'histoire d'amour impossible, toute sa folie semble alors s' évaporer plus vite que quelques bulles de champagne. Lourd, démonstratif,  usant des procédés narratifs les plus éculés (les envahissants flashbacks n'ont jamais été si didactiques), "Gatsby" devient alors une très longue tragédie amoureuse qui ne se soucie jamais de rythme, ou de beauté. Prisonniers de cette histoire sensée être poignante, les personnages se noient alors dans leur grand décor kitch, qui étouffe toute émotion.

 

Et malgré tous les efforts des grands acteurs rassemblés pour l'occasion, le film dérive alors (très) lentement jusqu'à la tragédie finale, dans un parcours jonché de scènes théâtrales très désagréables, à l'image de ce huis-clos irréel dans une chambre d'hotel. Une pièce de boulevard empesée où le personnage de Gasby explose enfin... mais c'est pour mieux se calmer immédiatement,  et basculer vers un fait divers tragique qui tombe alors comme un cheveu sur cette soupe bien indigeste. La musique n' est presque plus là et l'on entendra alors quelques notes de la sublime reprise de "Love is blindness" de Jack White entre deux voitures qui dérapent...ultime aveu d'impuissance d'un réalisateur qui semble ne plus vraiment savoir comment faire cohabiter le roman, ses effets visuels, et sa bande originale... 

 

A l'arrivée,  beaucoup d'ennui après un démarrage en feu d'artifice. Un film qui se dégonfle progressivement jusqu'à un prologue interminable ou les images léchées ont définitivement chassé toute émotions, sans jamais explorer le grand thème du film : la fortune d'un parvenu fascinant, trop beau pour être honnête.

Et malgré le démarrage en fanfare du film au box office américain, on souhaite à Barz Luhrmann de retourner aux films musicaux décapants et délirants, plutôt que de tenter une fois de plus de se frotter à l'Histoire. Après le naufrage d'"Australia" et ce "Gastby", on peut lui avouer : la grande fresque sérieuse, ce n'est définitivement pas pour lui...

 

 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

seo toronto 23/12/2014 04:47

La musique n' est presque plus là et l'on entendra alors quelques notes de la sublime reprise de "Love is blindness" de Jack White entre deux voitures qui dérapent...ultime aveu d'impuissance d'un réalisateur qui semble ne plus vraiment savoir comment faire cohabiter le roman, ses effets visuels, et sa bande originale

how to stop snoring 22/05/2014 07:50

I went to see this movie with big expectations, but unfortunately I was disappointed. The film is nowhere near good compared with the original novel. The only upside is the incredible performance of Leonardo Decaprio. No one could have played the role of Gatsby better.