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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 07:36
Grand Central

 

 

 

 

Le Tricastin, dans la vallée du Rhône. Ce n'est plus le Nord mais ce n'est pas tout à fait encore le Sud.

Au bord du fleuve, la centrale nucléaire trône et fait vivre une grande partie de la région. Des employés d'EDF bien sûr, mais aussi des dizaines d'intérimaires qui se présentent chaque matin pour exécuter parfois les tâches les plus pénibles et les plus dangereuses.

Car au cœur du réacteur, malgré la discipline et les contrôles, il y a des erreurs qui ne pardonnent pas.

 

C'est ici que débarque Gary avec un copain rencontré en chemin. Repéré par un chef d'équipe, il se lie rapidement d'amitié avec son groupe qui vit paisiblement dans un camping aux alentours. Jeune, malin, beau gosse, il n'est pas insensible aux charmes de la jeune et belle fiancée d'un des membres du clan.

 

L'histoire est classique pourtant. L'arrivée d'un inconnu qui va secouer la tranquillité d'un groupe, jusqu'à la jalousie et au danger. Mais ce n'est pas tout  fait le centre du film. Malgré les escapades dans la nature, les crises de nerfs et les rivalités amoureuses (assez fines et belles au demeurant), le film a surtout pour lui de se fondre dans le décor incroyable que constitue la centrale nucléaire.

 

Un monstre de béton et d'acier, qui avale et recrache chaque jour son lot d'intérimaires misérables. Fascinante, la lutte des classes au XXIème siècle est plus feutrée, moins directe, mais elle n'a jamais semblée aussi bien rendue. Le travail devient une expérience de groupe, une appartenance sociale, une manière de passer des paliers et de devenir quelqu'un, l'occasion unique de transmettre son savoir et de créer des liens filiaux abandonnés.

 

En chef de meute, Olivier Gourmet est tout simplement immense. Naturel,  fort, émouvant. C'est presque lui, le héros de ce film où la romance devient presque secondaire, où les drames les plus forts semblent eux aussi être engloutis par la centrale.

 

Un très beau film, étonnant, inspirant, décalé. Qui donne à un mélo noir bien classique un relief inattendu en cherchant au delà de deux amoureux qui se roulent dans l'herbe.

Après Michael Kohlhaas, le cinéma d'auteur français fait décidemment figure de rayon de soleil dans un été un peu faiblard pour les films d'auteur...

 

 

 

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Published by DH84
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