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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 07:26
Jeune et jolie

 

Après les peu diplomatiques propos de François Ozon sur la prostitution féminine, le film était passé légèrement au second plan dans un festival de Cannes qui n'a eu d'yeux que pour la vie d'Adèle. Comme Michael Kohlhaas, le distributeur tente ici une sortie estivale, en espérant que les pauvres spectateurs seront à ce stade suffisamment gavés d'explosion et de bêtise yankee pour se consacrer à un film d'auteur. Un auteur qui a toujours réussi jusqu'ici à garder son tampon "populaire", et qui sort d'un joli succès ave "Dans la maison".

 

""Jeune et Jolie" est pourtant un de ses films les moins accessibles. Une jeune fille de 17 ans commence à se prostituer. Elle multiplie les passes en fin d'après-midi avec des hommes qu'elle contacte par Internet. pas pour l'argent. Pas pour le plaisir. Pas par la contrainte. Mais alors pourquoi ? Le sait-elle ?

 

C'est le postulat du film : on ne sait pas pourquoi. Pourquoi une jeune fille magnifique et gâtée commence à vendre son corps à des hommes qui ont parfois quatre fois son âge. Pourquoi elle continue avec insistance, et pourquoi arrêter lui semble parfois impossible, comme n'importe quelle drogue. Il n'y aura, pour les parents, les proches et la police, qu'une seule phrase, répétée comme un mantra "J'avais envie de recommencer".

 

C'est probablement pour éviter de tomber dans le jugement et l'appréciation qu'Ozon a choisi cette voie. Malheureusement, elle enlève au film beaucoup de personnalité, de chair, de corps. Car comment faire preuve d'empathie avec un personnage qui ne semble rien ressentir ? Mutique et passive, la lycéenne ne semble être touchée par rien, complètement indifférente à ce qui lui arrive. Elle y entraîne rapidement un spectateur pétrifié par tant de vacuité, que seuls viennent troubler quelques très beaux numéros d'acteurs chez les "clietns".

 

On concédera au film de n'être ni racoleur, ni vulgaire. On concédera à Ozon qu'il est un filmeur habile et élégant. On concédera à Marine Vacht que sa beauté irradiante et sa grâce pourraient être un spectacle suffisant pour se déplacer en salle. Mais si la première partie semble vide, la deuxième est franchement maladroite, quand parents, petits-amis et frère arrivent à la rescousse.

 

 

A force de ne pas vouloir juger, de se poser en spectateur, Ozon prend surtout le risque de ne rien dire. Et sur un sujet aussi complexe et profond que celui-ci, son manque de point de vue peut passer pour de l'esquive.

 

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Dommage,  une telle foule de freaks et de loosers aurait mérité mieux...

 

 

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Published by DH84
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