Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 08:00
Jobs

 

Le corps de Steve Jobs n'est pas encore froid qu'Hollywood se jette dessus comme la misère sur le bas clergé irlandais.

 

Logique, pour une des personnalités les plus marquantes de la vie américaine de ses 30 dernières années, qui présente en outre l'immense avantage d'être parti de pas grand chose, ce qui est hautement apprécié dans les chaumières yankees. Mais voilà, il y a plusieurs types de biopics, et celui-ci semblait indiquer dans sa construction qu'on se dirigeait vers une biographie filmée, où l'on oublie le cinéma pour se contenter de mettre en images des tranches de vies "réelles" sensées se suffire à elles-mêmes. 

 

On pourrait accepter ce type de produit classique si David Fincher et Aaron Sorkin n'étaient pas passés par la avec "The Social Network", prouvant que même les nouvelles technologies pouvaient servir de support à un vrai film puissant et argumenté. Et ce "Jobs" se traîne la comparaison comme un vrai boulet.

 

La (fantastique) vie et la (merveilleuse) œuvre de (l'odieux) Monsieur Steve Jobs, voilà donc le programme ambitieux de ce film qui commence par la naissance de l'I-Pod pour remonter immédiatement aux débuts du jeune Steve (en mode hippie coucheur drogué), à son ascension depuis son garage, jusqu'à sa chute et son retour triomphal aux commandes de son entreprise qui est aujourd'hui une des premières capitalisations boursières mondiales. On ne saura d'ailleurs pas grand chose de l'envol final d'une société devenue cool, les producteurs ayant gentiment décidé d'arrêter les frais au bout de 2 heures et 7 minutes...

 

Ce qui gêne le plus au final, c'est l'écart abyssal entre ce que le film raconte (l'originalité, l'innovation, le risque, l'anti-conformisme) et sa forme incroyablement conventionnelle. Narration linéaire,  acteurs sosies, mise en scène plate et juke-box (Bob Dylan principalement), soit la recette de grand maman pour un petit biopic servi tiède qui ne fâchera pas grand monde.

Tout semble vouloir être lisse et respectueux, jusqu'à ces acteurs incroyablement plats (Matthew Modine et Dermot Mulroney sortis de leur pré-retraite, coachés par un Ashton Kutcher très concentré). Tout est évidemment très ressemblant, jusqu'aux métamorphoses habituelles de l'acteur principal et de sa garde robe, mais tout cela est un peu court pour raconter une histoire que beaucoup connaissent déjà, appuyée par des clins d'oeil prophétiques (Steve Jobs balance son baladeur CD dans la poubelle, ha, ha, ha)

 

Le bon point c'est que le film évite l'hagiographie et s'arrête régulièrement sur les côtés sombres d'un personnage, qui n'était pas particulièrement connu pour sa patience ou sa bienveillance à l'égard de ses collègues. Les moments de colère sont d'ailleurs les meilleurs, comme quand il passe un savon hallucinant à Bill Gates par téléphone. Mais tout en le dépeignant parfois en monstre,  le film échoue a le rendre fascinant, comme il échoue à rendre perceptible la brutalité des milieux d'affaires anglo-saxons, lieu de toutes les trahisons.

 

A l'arrivée, un biopic acceptable. Pas déshonorant, pas spécialement laid ni mal foutu, mais sans originalité, sans aspérités, sans relief.

Un film Microsoft quoi

 

 

 

Page Facebook

Compte twitter 

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires