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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 07:55
Le journal des séries : Game of Thrones

  

 

 

L'article contient des éléments de l'intrigue des saisons 1 et 2 

Pas de spoilers saison 3 

 

Déjà ?

C'est un peu le premier mot qui vient à l'esprit après avoir bouclé les 10 épisodes de la troisième saison de "Game of Thrones", une des plus attendues de l'histoire de la télévision.

Rarement une série n'aura à ce point gommé la durée de vision, ce qui fait que l'on ressort une fois de plus avec l'impression d'avoir vu un long film, mais pas tout à fait une saison complète de série.

Ce qui pourrait être paradoxal avec un fil narratif qui avance avec une prudence de chat : au final, il ne s'est pas passé tant de choses depuis le début. Mais la multiplication des tableaux, la force des personnages et l'intelligence des showrunners font qu'on n'y voit que du feu... et que "Game Of Thrones" pourrait bien parvenir à durer 10 ans à ce niveau, et pas tomber en miettes comme risque de la faire la proche concurrence ("The Walking Dead" en premier lieu, mais aussi "Homeland" par exemple)

 

En fin de saison 2, nous avions laissé les 7 royaumes en pleine guerre civile. Certes, un roi avait déjà été mis sur la touche, mais les quatre restants continuaient à s'écharper avec bonheur dans un chaos indescriptible. Des Lannister aux Stark en passant par le dernier Baratheon, les couteaux sont tirés et chacun compte ses pièces sur l'échiquier. Mais le vrai danger n'est-il pas ailleurs ? Au Nord du mur, les armées de "White Walkers" se sont réveillés et marchent vers les 7 royaumes. Au Sud, Daenerys Targaryen et ses dragons montent en puissance avant de venir réclamer une couronne usurpée.

 

 

 

 

Le Sud et les dragons. le Nord du mur et les sauvageons. Rob Stark et son armée. Bran Stark et son errance sur roulettes. King's Landing et les Lannister. Le périple d'Arya Stark. Celui de Jaime Lannister et de son "accompagnatrice". Theon Grejoy et les iles de fer. C'est avant tout cette multiplicité qui fait la richesse et la force de la série. Une dizaine de sous-histoires, reliées entre elles par des fils parfois invisibles. Et pourtant, comme sur un jeu d'échec, la moindre pièce qui bouge produit un effet sur toutes les autres. A nous de reconstituer la vue d'ensemble.

 

Un gigantesque terrain de jeu, qui bouge donc très doucement. En apparence.

Car en fait, tout n'est que mouvements, influences, secrets dans cette série décidemment pas comme les autres. On croit à la lenteur, mais en fait, tout se prépare devant nos yeux sans que l'on y prête attention. La guerre se gagne grâce aux pots de vins, aux trafics d'influence et aux trahisons... finalement rarement sur les champ de bataille.

Et à ce jeu là, qui peut prétendre s'aligner sur la famille Lannister ? Une version fantasy des Borgia, fratrie répugnante et abjecte, mais aussi fascinante et dont le pouvoir reste la seule fin en soi, quitte à multiplier les mariages de raison... et les assassinats. Mais jamais ils ne sont condamnés par avance, et la nuance bienvenue apportée dans chacun des personnages les rend tous d'autant plus passionnants. En particulier ce fascinant patriarche, qui mène la danse comme un vieux lion, dans l'ombre à peine voilée de son petit-fils de roi. Et ce nain, qui pourrait bien devenir contre son gré le héros de la famille...

 

 

 

 

"You really think the crown gives you power ?" finit par lâcher Tywin Lannister à son fils nain ? Car cette saison est bien celle du crépuscule des rois. Manipulés, outragés, ils n'ont de roi que le titre.

Joffrey Lannister n'est rien sans sa famille qu'un odieux enfant capricieux et sadique. Ce que son grand père lui rappelle à chaque instant.

Rob Stark se laisse porter par son romantisme et sa fougue au lieu d'écouter des conseils sages et avisés... pour mieux se faire manipuler.

Stannis Baratheon n'est qu'un jouet dans les mains expertes dans la grande prêtresse de la lumière.

La seule qui semble alors mériter son statut de reine est Daenerys Targaryen, la mère des dragons (Emilia Clarke, complètement habitée par le personnage).Elle n'a ni château, ni baronnies, ni cour et pourtant, par une présence mystique et surnaturelle, elle mène sa barque de ville, nous réservant quelques unes des scènes les plus spectaculaires et lyriques de la saison.

Quelle impatience, qu'enfin, ce segment indépendant depuis le début de la série finisse par rejoindre tous les autres...

 

 

 

 

Mais surtout, la grande force de "Game of Thrones" reste son implacable imprévisibilité. Pour décrire un monde en guerre civile au bord du gouffre, impossible de préserver tous les personnages, de ne pas leur faire de mal, de suivre des rails bien droits jusqu'à un combat final où le bon terrassera le mauvais.

La série avait surpris en fin de saison 1 avec la mort brutale de Ned Stark, et ce n'est pas trahir un secret d'état que de rappeler que cette saison se termine sur un événement marquant, majeur, qui redistribue une grande partie des parties des cartes. Le fameux épisode 309 risque de hanter encore longtemps les fans toujours plus nombreux d'une série qui reste grand public (On est pas chez "Breaking Bad" ici...), mais à un niveau de qualité rarement atteint lorsque l'on s'adresse à un public aussi varié.

 

Celle d'une série qui renverse régulièrement la table, parfois pour le plus grand malheur de ses personnages.

Mais indubitablement, pour le plus grand bonheur du spectateur

Plus qu'un an à attendre pour la suite

Ca va être long...

 

 

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Mais dans la litanie des blockbusters moisis qu'Hollywood nous envoie par cohortes depuis le début d'année, c'est indubitablement un vrai courant d'air frais qui nous frappe la figure avec bonheur. 

 

 

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Published by DH84
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